Des surplus, c’est bien, mais jusqu’à quel point?

Nous avons appris notamment dans La Relève du mercredi 2 mai que la Ville de Boucherville dégage un surplus d’environ 6,8 M$ pour 2011. C’est beaucoup d’argent! Ce surplus s’ajoute à un surplus de 2,9 M$ en 2009 (legs de l’administration Gadbois) et de 4,9 M$ en 2010. Donc, les surplus totalisent 14,6 M$ sur trois exercices budgétaires.

On se rappellera qu’un montant de 2,3 M$ avait été affecté à même le surplus de l’an dernier pour acheter au comptant le terrain « La Saulaie » – un projet électoral controversé s’il y en a un. Bonne nouvelle pour 2012 : 79,4 % de ce surplus seront affectés au remboursement de la dette. N’oublions pas cependant que 2013 est une année électorale et que pour attraper beaucoup de poissons, l’hameçon doit être attirant et fort…

Comme pour les surplus de 2009 et de 2010, on explique encore cette année que ce surplus provient d’une augmentation des revenus (taxes foncières, tarification, droits de mutation) et d’une réduction des dépenses. Des surplus sont préférables à des déficits (que les villes ne peuvent enregistrer de toute façon), c’est vrai. Mais à prendre acte de la hauteur des surplus dégagés par Boucherville depuis quelques années, il y a de quoi laisser pantois. Ne faut-il pas se demander sila Ville ne perçoit pas trop d’argent des contribuables? Je crois qu’il le faut!

Une constatation s’impose : si la Ville affiche un tel surplus depuis 2009 et particulièrement en 2011 – malgré plusieurs dépenses qualifiées de frivoles ou d’inutiles par certains –, c’est entre autres parce que l’administration précédente a légué à l’administration actuelle une ville en grande santé financière.

Par ailleurs, l’entretien des infrastructures demeure très négligé (malgré le message contraire véhiculé par la Ville) et le « déficit des infrastructures » ne cesse de croître d’année en année. Il vous suffit de jeter un coup d’œil sur nombre de rues sur notre territoire, les signes d’usure sont visibles. Un plus grand nombre de travaux de réfection des rues des quartiers plus vieux auraient dû être planifiés et effectués avant d’afficher un tel surplus. Si l’accélération de la réfection des infrastructures ne représente pas une priorité pour l’équipe Martel, alors les hausses de taxes des dernières années n’étaient pas absolument nécessaires.

Une chose est sûre : la confirmation d’un tel surplus ne veut absolument pas dire que le conseil municipal fait bien les choses ou gère bien les finances de la Ville. Au contraire, je suis d’avis qu’une saine gestion doit s’assurer d’utiliser TOUS les revenus de la Ville, et ce, à bon escient, l’objectif étant d’en faire le plus possible avec son argent. Il y a lieu de se demander si le maire et les conseillers responsables des finances (Dominic Lévesque et Lise Roy) ont l’expérience nécessaire pour bien gérer les deniers, l’accumulation de surplus n’étant pas une preuve de gestion adroite, efficace et réfléchie. Bien gérer, ce n’est pas accumuler de grands surplus. Accumuler des surplus n’est souvent rien de moins qu’une manœuvre très électoraliste.

Sébastien St-François

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