Un site grassement payé et une autre situation de conflit d’intérêts pour le maire

Si l’on se fie à la facture, les Bouchervillois ont droit à un site Web municipal vraiment exceptionnel. En effet, malgré une présentation, une convivialité et une utilité discutables, il doit certainement valoir son pesant d’or à la lumière du prix qu’il a coûté…

À la suite d’une demande déposée aux termes de la Loi sur l’accès à l’information, j’ai appris que la Ville a dépensé à ce jour la rondelette somme de 69 460 $ (avant taxes) seulement en frais d’élaboration et de mise en place de boucherville.ca!

Source : Ville de Boucherville

 Le mandat a été attribué le 19 octobre 2010 à la firme Net Communications, dont le siège social est sis sur le boulevard du Séminaire Nord, à Saint-Jean-sur-Richelieu. L’entreprise exploite également une place d’affaires sur la rue Saint-Ambroise, à Montréal. Faut-il croire qu’il n’y ait aucun développeur Web compétent sur le territoire de Boucherville?

Les développeurs que j’ai consultés affirment que l’élaboration de boucherville.ca aurait été payée jusqu’à trois fois trop cher. Le développeur ayant récemment procédé à la refonte du site Web de mon entreprise m’a aussi fait part de plusieurs observations tout autant inquiétantes qu’intéressantes. Selon lui, un système de gestion du contenu « maison », comme celui qu’utilise boucherville.ca, représente le moyen le plus coûteux et risqué de développer un site Web, car si jamais le développeur ferme ses portes, la Ville risque de tout perdre, y compris son investissement de deniers publics, et de devoir tout recommencer. La Ville est en quelque sorte « prisonnière » de Net Communications maintenant. De plus, le maintien des codes constituants d’un tel système maison est très coûteux, ce qui explique probablement la facturation d’une banque de 200 heures de développement pour un montant total, avant taxes, de 12 300 $. Enfin, la lenteur à laquelle le site et les diverses pages Web s’affichent à l’écran s’expliquerait par la piètre qualité du service d’hébergement assuré par Net Communications.

Bref, pour une facture totalisant 82 310,05 $ en date du 1er janvier 2011, selon le document obtenu de la Ville, les contribuables ont payé extrêmement cher ce nouveau site Web selon les experts que j’ai consultés. Toujours selon ces derniers, boucherville.ca présente de nombreuses lacunes sur le plan du référencement et n’apporte vraiment rien d’exceptionnel pour justifier les près de 70 000 $ payés en frais d’élaboration et de mise en place!

Par ailleurs, on apprend, à la lecture du procès-verbal de la séance ordinaire du conseil municipal du 19 octobre 2010, au cours de laquelle ledit mandat a été attribué, que monsieur le maire a déclaré un intérêt dans le dossier et a quitté son siège. J’ai donc voulu en savoir plus et j’ai adressé les questions suivantes au service du greffe :

1. Quelles sont les raisons pour lesquelles ce soumissionnaire a obtenu le plus haut pointage?
2. Quelles ont été les autres soumissions reçues (noms des entreprises et montants)?
3. Quelle est la nature de l’intérêt ayant obligé le maire Martel à quitter la salle?

La greffière, Me Marie-Pier Lamarche, m’a téléphoné pour m’expliquer que le mandat avait été attribué par un processus de pondération plutôt qu’au plus bas soumissionnaire. Ensuite, le seul autre soumissionnaire était Telus Solutions d’affaires, client que Me Martel représente en sa qualité d’avocat. Voilà ce qui explique son intérêt…

Je vous renvoie à mon billet d’y il a quelques semaines, dans lequel j’écrivais justement que le fait que M. Martel occupe toujours un rôle-conseil pour Séguin Racine l’empêche d’exercer ses fonctions de maire sans entrave… Il n’est pas normal que le premier magistrat d’une ville de 42 000 habitants se contraigne – de son propre chef – dans l’exercice de ses fonctions d’élu. Ce dossier nous offre une démonstration éloquente des conséquences d’un tel choix.

L’administration Martel nous répète ad nauseam qu’elle assure une gestion extrêmement serrée des dépenses publiques. Par ailleurs, depuis son arrivée à l’hôtel de ville, elle nous impose des hausses de taxes annuelles. Ce sera fort probablement encore le cas d’ici quelques semaines, au moment du dépôt du budget 2012. Il est déplorable que nos deniers publics servent ainsi à enrichir une entreprise qui ne s’est aucunement gênée de facturer le gros prix en échange d’un service dont le résultat est très, très ordinaire… De toute évidence, il y a un flagrant manque de connaissances en matière de développement Web à l’hôtel de ville, car boucherville.ca ne vaut pas les 85 920 $ soumissionnés par Net Communications.

Sébastien St-François

3 commentaires sur « Un site grassement payé et une autre situation de conflit d’intérêts pour le maire »

  1. Est-ce que c’est la même entreprise qui gérait le programme des inscriptions en ligne pour les activités de loisir cet automne? J’ai eu des commentaires disant que c’était très difficile d’y accéder et de s’y inscrire.

      1. On devrait enquêter sur ce contrat… Les résulats seraient sans doute très intéressants

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