Le 6 juin, oserons-nous nous prononcer?

Source : http://www.fadoqboucherville.qc.ca

La semaine dernière, on apprenait qu’un registre sera ouvert lundi prochain (6 juin), entre 9 et 19 heures, à l’hôtel de ville concernant le règlement d’emprunt pour financer l’agrandissement du Cercle social Pierre-Boucher. Rappelons qu’un minimum de 811 personnes aptes à voter devront signer ce registre pour que le règlement puisse ensuite être soumis à un référendum. Sinon, tout passera comme du beurre dans la poêle et les élus pourront nous endetter collectivement de 2,3 millions de dollars de plus pour mettre en chantier un projet qui comporte plusieurs lacunes.

Jusqu’à ce jour, ce projet d’agrandissement a fait couler beaucoup d’encre. Pour résumer :

  1. Le Cercle social Pierre-Boucher est utilisé principalement par la FADOQ et le Lunch Club et dessert une clientèle dite de « troisième âge ».
  2. L’équipe de Jean Martel veut investir 2,3 millions de dollars dans une bâtisse actuellement évaluée à 263 300 $.
  3. Même agrandi selon les plans, le Cercle social ne sera pas en mesure de répondre aux besoins croissants d’une population vieillissante à plus long terme.
  4. Le stationnement dans le secteur est très limité. La Ville tente actuellement de négocier avec le Maxi situé à proximité un certain nombre d’espaces de stationnement pour les utilisateurs du Cercle social. Même si cette négociation devait aboutir, cela forcerait certains utilisateurs à y laisser leur voiture, à traverser Fort-Saint-Louis à pied, puis à enjamber la voie ferrée pour se rendre à destination. Par une journée de juillet ensoleillée, peut-être; en pleine vague de froid hivernale ou tempête de neige, c’est moins intéressant et moins sécuritaire…
  5. La circulation automobile autour du Cercle social augmentera à coup sûr une fois le projet réalisé. Or les rues du Vieux Boucherville sont très étroites et non adaptées à une circulation intensive. L’accès des véhicules d’urgence (policiers, pompiers, ambulanciers) pourrait être compromis, ce qui comporterait un risque accru pour la sécurité publique dans le secteur.

Pour ma part, depuis le début, je m’oppose à ce projet. Bien entendu, je reconnais le besoin de doter Boucherville d’un centre moderne pour les aînés. L’actuel cercle social est désuet et trop à l’étroit. Cependant, pour moi, vouloir investir 2,3 millions dans une bâtisse évaluée à près de dix fois moins, sans stationnement adéquat, dépasse l’entendement. Outre ce qui semble être une obsession du maire Martel pour le Vieux Village, je ne peux comprendre la logique de vouloir aller de l’avant avec cet agrandissement.

Bien sûr, il y a lieu de revitaliser et d’entretenir ce patrimoine que représente le Vieux Boucherville. Mais il est question ici d’une infrastructure névralgique pour une clientèle croissante. Les personnes desservies par une telle « maison des aînés » méritent mieux que ce que leur proposent actuellement nos élus. Elles méritent un centre moderne, situé sur un site adéquat et desservi par une aire de stationnement assez grande pour accueillir la clientèle. Quant aux contribuables bouchervillois qui assumeraient une charge additionnelle de 2,3 millions de dollars, ils méritent mieux qu’un centre rafistolé pour répondre à une promesse électorale.

Depuis qu’il est arrivé à l’hôtel de ville en novembre 2009, Jean Martel invoque sa plateforme électorale pour justifier l’ensemble des décisions controversées qu’il prend. Il prétend avoir reçu le mandat de la population de mettre en place son cahier de promesses. Premièrement, M. Martel a été élu d’abord et avant tout pour administrer la Ville et veiller à la saine gestion des finances publiques – notre argent. Deuxièmement, ne perdons jamais de vue qu’un peu plus de la moitié (50,21 %) des électeurs ayant voté le 1er novembre 2009 n’ont pas voté pour Jean Martel ou ses promesses électorales.

Le 6 juin prochain, nous nous voyons offrir l’occasion d’envoyer un message à Jean Martel : Nous voulons revoir le projet d’agrandissement du Cercle social Pierre-Boucher que vous proposez. Il s’agirait en quelque sorte d’un premier test démocratique pour l’actuel conseil. Deux options se présentent à nous, citoyens. Nous pouvons rester assis chez nous, convaincus que nous n’y pouvons rien, ou nous pouvons prendre quelques minutes de notre temps lundi prochain pour nous exprimer, pour laisser savoir à nos élus qu’ils sont d’abord responsables de prendre les meilleures décisions possibles dans l’intérêt de l’ensemble de la population qu’ils représentent. L’actuel projet d’agrandissement ne va pas dans ce sens, et les Bouchervillois méritent mieux.

Bien entendu, puisque le registre porte sur le règlement d’emprunt, advenant la tenue d’un référendum où une majorité se prononcerait contre cet endettement, M. Martel aurait toujours l’option de payer son projet au comptant (il dispose d’amplement de surplus pour le faire). Cependant, ce faisant, il porterait l’odieux de ne pas avoir respecté la volonté populaire et démontrerait éloquemment qu’il ne gouverne pas pour l’ensemble des Bouchervillois, mais seulement pour celles et ceux qui ont appuyé sa plateforme électorale et voté pour lui, c’est-à-dire pour une minorité de la population.

La démocratie n’est pas un processus qui se limite à inscrire un « X » sur un bulletin de vote tous les quatre ans. Nous avons la possibilité de nous prononcer, oserons-nous le faire?

Je compte signer le registre et je vous invite à faire de même en vous rendant à l’hôtel de ville le lundi 6 juin prochain, entre 9 heures et 19 heures. C’est important pour notre démocratie.

Sébastien St-François

2 commentaires sur « Le 6 juin, oserons-nous nous prononcer? »

  1. Dossier Complexe Aquatique(avec un grand A) :35M pour ca: c est un prix énorme pour une ville avec un budget de 103M environ. Un gouffre financier.

    1. M. Gaudin,
      Toutes proportions gardées, Jean Martel aura dilapidé près de 10 M$ sur un centre d’art conçu pour plaire à cent personnes tout au plus. Oui, 35 M$, c’est beaucoup d’argent, mais notre piscine municipale est une honte. J’ai 44 ans et j’ai fait mees cours de natation dans cette piscine dans les années 1970. Aujourd’hui, mon fils fait ses cours dans la même piscine désuete. Le projet de complexe aquatique a au moins le mérite de satisfaire à un besoin important de la population, contrairement au centre d’art au tiers du prix pour quelques personnes.

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