Sommes-nous surtaxés à des fins partisanes?

Pour parvenir à ses fins électorales, le conseil dirigé par Jean Martel amplifie la dette pour détourner l’attention des citoyens. En effet, lorsque le conseil fait allusion que la dette atteindrait 150 M$ incluant les résolutions adoptées pour la construction de la piscine et de la maison des ainés entre autres, il omet systématiquement de mentionner que ces montants étaient conditionnels à l’obtention de subventions. Il restait donc à savoir si une subvention serait versée et de valider l’estimation des coûts.

Par exemple, le projet de piscine envisagé par l’ancien conseil faisait appel à la participation de quatre parties intéressées : la Ville, l’école secondaire (de Mortagne), l’organisme qui gère les glaces et le gouvernement du Québec (par voie de subvention). Quant au projet de la maison des aînés, le même exercice s’appliquait et rien n’empêchait le conseil d’alors de présenter un deuxième projet plus modeste pour l’ensemble de la population, en fonction du montant de la subvention accordée. C’est ainsi que ça fonctionne lorsque des subventions sont en jeu : on présente le projet le plus élaboré possible pour tenter d’obtenir la subvention la plus élevée possible, puis on se rajuste en conséquence.

Souvenons-nous qu’au cours des quatre années de la fusion, aucun montant n’a été investi à Boucherville et l’arrondissement que nous formions se limitait à rembourser sa dette. Il est donc tout à fait normal que la dette soit plus élevée aujourd’hui : après la défusion, il a fallu reconstituer la Ville et investir dans les infrastructures, les parcs et les équipements pour rattraper les quatre années perdues – sans perdre de vue que la Ville disposait alors de moins de 800 000 $ sur les 12 M$ de surplus accumulés dans ses coffres avant la fusion forcée avec Longueuil.

Entre 2006 et 2009, l’équipe de Mme Gadbois a reconstitué un surplus atteignant 18 M$ et créé un programme de stabilisation du service de la dette en prévision d’une stabilisation du taux de taxation – que l’équipe Martel se revendique sans aucune gêne. De plus, M. Martel n’invente rien en affirmant rembourser certains emprunts à terme. C’est une pratique établie depuis plusieurs décennies à Boucherville. Aussi, l’équipe Martel hérite d’une entente de réductions récurrentes de notre quote-part d’environ 800 000 $ par an pour une période de cinq ans (3,8 M$ au total), mais l’actuel conseil n’en fait pas bénéficier les citoyens-contribuables en haussant notre fardeau d’année en année. Et posons-nous la question à savoir si des démarches sont en cours actuellement pour négocier de futures réductions une fois cette période de cinq ans échue. (Je vous rappelle qu’en 2011, nous représentons 10,2 % de la population du grand Longueuil, mais payons une quote-part de 15,8 % des dépenses d’agglomération.)

À la fin de 2010, le surplus atteignait quelque 22,5 M$, soit environ 22 % du budget total. Au lieu de nous permettre de respirer en nous offrant un gel – voire une baisse – de notre compte de taxes, on écarte déjà cette possibilité et nous laisse plutôt entendre que nos comptes « demeureront concurrentiels » en 2012 (voir « Surplus de 4,8 millions $ à Boucherville » en page 14 de La Seigneurie du 19 mai 2011 http://actualite.monteregieweb.com/ecolocopie/LSB/20110519/#/14/). Quelle drôle de façon de gérer des deniers publics, après deux hausses successives de 3,94 % et de 1,95 % dans un contexte de surplus budgétaires! Les contribuables bouchervillois sont pourtant en droit de réclamer un bénéfice tangible (dans leur portefeuille) des surplus que la Ville a accumulés grâce à eux.

Pouvons-nous voir dans les décisions de l’équipe Martel l’intention de jouer à la cachette en augmentant le montant des dépenses payées au comptant pour des projets qui ne font pas consensus et de dilapider nos surplus à des fins partisanes? Il serait fort regrettable que le fruit de quatre années d’efforts soit ainsi anéanti…

Pourtant, la population n’est pas dupe. Autant d’annonces, autant de projets dits « rassembleurs » qui sèment plutôt la controverse : achat d’une terre agricole au coût gonflé de 1,2 M$, agrandissement du Cercle social Pierre-Boucher, projet de prolongement de la piste cyclable vers Saint-Bruno-de-Montarville, au coût de plusieurs millions de dollars – piste qui serait à refaire dans quelques années, car les infrastructures de l’artère qu’elle longerait sont à refaire depuis longtemps…

M. Lévesque nous parle de revoir les dépenses, mais il suffit d’analyser le bilan des deux dernières années pour constater des hausses de dépenses d’environ 7,7 % en 2010 et 6,8 % en 2011. Est-ce cela, une gestion serrée et responsable, respectueuse de la capacité de payer des citoyens? Mes revenus personnels n’ont pas augmenté à ce rythme au cours des deux dernières années, et c’est probablement votre cas aussi. En 2012, une « taxation limitée et responsable » passerait – au minimum – par un gel des impôts fonciers, car les Bouchervillois le méritent pleinement et toute hausse imposée (ou « proposée ») aux citoyens serait carrément abusive!

Enfin, sur le plan de la transparence, on ne retrouve plus les budgets des années antérieures sur le site Web « refondu » de la Ville. Par chance, j’avais téléchargé les documents pour consultation future…

Sébastien St-François


Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s