Surplus de 2010 : À qui revient le mérite?

Source : La Relève

Une belle nouvelle nous attendait cette semaine : la Ville a dégagé un surplus de 4,8 M$ en 2010. On nous explique que ce surplus est attribuable à trois facteurs : une entrée de 2,3 M$ en droits de mutation de plus que prévu (la Ville aurait donc encaissé 4,3 millions en « taxes de bienvenue » par rapport aux 2 millions prévus au budget 2010!), des revenus de taxes et des tarifs provenant de nouveaux projets et un « contrôle serré des dépenses » (une grosse économie de 250 000 $ sur un budget local de 52 M$, ce qui représente une réduction de 0,005 %, aussi bien ne pas en parler…).

Un surplus de 4,8 M$ pour une municipalité comptant quelque 18 000 contribuables est énorme. À la fin de l’exercice 2009, le surplus cumulé atteignait quelque 18 M$ et il atteint maintenant 22,8 M$. Ça commence à faire de l’argent et il y a lieu de se demander pourquoi l’administration Martel nous a imposé une hausse de 3,95 % en 2010 et « proposé » une deuxième hausse de 1,95 % en 2011.

Perspectives en préparation du budget 2012

Pourrons-nous maintenant respirer un peu en 2012 ou l’administration Martel décidera-t-elle à nouveau d’alourdir notre fardeau fiscal? Il y a bien des limites à taxer les gens pour se constituer des surplus. De l’aveu même de M. Martel, la santé financière de la Ville est excellente et, en toute logique, cette situation est loin d’être attribuable uniquement aux fruits des efforts de son équipe au cours des 18 derniers mois. C’est le fruit d’un travail de longue haleine, entrepris par l’équipe de Mme Gadbois – reconnue pour sa gestion rigoureuse des finances publiques – et dont M. Martel bénéficie à plusieurs chapitres depuis son arrivée à l’hôtel de ville. J’aimerais donc que nos élus cessent d’invoquer « l’héritage de l’ancien conseil » (en référence à la dette), comme le rapporte encore cette semaine La Relève!

Il y aura certainement un gros travail à faire sur le plan des dépenses, car une économie de 250 000 $ sur un budget local de plus de 50 M$ est loin d’être suffisant. D’ailleurs, les présentations budgétaires parlent d’elles-mêmes quant aux dépenses (locales, abstraction faite de la quote-part versée à l’agglomération) : 48,3 M$ en 2009, 52,0 M$ en 2010, 55,6 M$ en 2011 – une hausse totale de 15,1 % sur trois exercices, nettement supérieure à l’inflation. Dominic Lévesque nous a promis un grand ménage cette année, et je m’attends à des résultats concrets sur le plan de la réduction des dépenses dans la présentation du budget 2012. Les contribuables méritent un travail de très grande rigueur sur ce plan.

Interviewé mardi soir dernier par Sébastien Lippé du FM 103,3, M. Martel a fourni sensiblement les mêmes arguments qu’on peut lire dans La Relève pour expliquer le surplus dégagé en 2010. Bien entendu, plusieurs des facteurs qu’il cite ne relèvent ni de lui ni de son équipe : par exemple, la perception de 2,3 M$ supplémentaires en droits de mutation (si c’est le cas, ça démontre bien l’indécence de cette taxe dont le pourcentage n’a jamais été rajusté par Québec depuis la flambée des prix de l’immobilier), des chutes de neige moins importantes, le paiement au comptant de certains achats (la terre agricole?), etc. Il invoque la discipline financière de son équipe; pourtant, les dépenses augmentent plus vite que l’inflation et l’administration municipale n’a réalisé qu’une réduction de 0,005 % des dépenses budgétées. Remarquez que c’est un début, mais il faudra faire beaucoup plus que cela pour respecter la capacité de payer des citoyens. Ce que je retiens surtout est que M. Martel a hérité d’une ville somme toute en très bonne santé financière.

Priorités : Une note de 1,5 sur 3

Quant à ce que l’administration Martel compte faire de ce surplus, j’y vois des pour et des contre. On nous annonce un nouveau programme visant à se doter d’une marge de manœuvre pour faire face aux imprévus économiques. C’est bien, mais cette pratique était déjà en place sous l’ancien conseil et il n’y a donc rien de nouveau là-dedans. Ensuite, une autre partie du surplus servira à accélérer le remboursement de la dette. Je suis entièrement pour, car il est de loin préférable de baisser la dette de façon significative avant d’investir dans de nouvelles infrastructures non essentielles. La Ville devra faire mieux qu’elle fait en 2011, année où le pourcentage alloué à la dette totale a baissé par rapport à l’année précédente (14,3 % en 2010 contre 13,7 % en 2011).

J’ai un bémol par rapport à la dernière priorité de l’administration Martel : « assurer le paiement comptant de projets structurants pour les contribuables bouchervillois au cours des trois prochaines années ». Est-ce qu’on fait référence à des projets comme l’achat du terrain de La Saulaie, l’aménagement d’une piste cyclable entre Boucherville et Saint-Bruno, etc.? Si c’est le cas, je suis contre. Le surplus dégagé ne doit pas servir à des projets partisans qui ont obtenu l’appui d’une minorité de la population, mais plutôt aux intérêts de l’ensemble des contribuables bouchervillois.

Une idée rassembleuse pour terminer

Pour conclure, j’ai une suggestion « structurante » à formuler à Jean Martel. Étant donné que, selon lui, les nouveaux résidents sont responsables de près de la moitié du surplus de 2010 (2,3 M$ sur 4,8 M$) en raison des droits de mutation qu’ils ont payés, pourquoi ne pas affecter une partie des 4,8 M$ pour geler, voire réduire, le taux de taxation en 2012? Ainsi, vous offrirez un peu de répit à ces Bouchervillois – qui ont dû payer des milliers de dollars en 2010 pour le simple « droit » de s’installer à Boucherville et de contribuer à notre ville – ainsi qu’à l’ensemble des contribuables bouchervillois, qui font les frais de hausses de taxes successives depuis des années… J’ai aussi l’impression d’avoir été surtaxé sans raison depuis deux ans.

Il me semble que nous méritons tous un peu de répit à ce chapitre au lieu d’investir notamment dans une piste cyclable dangereuse qui serait adjacente à une route qui est à refaire depuis des années (réf. : le billet de Monique Reeves à ce sujet)! J’aimerais voir nos élus se concentrer sur la réduction de la dette, la réduction des dépenses et la réduction du fardeau des contribuables au lieu de persister à se lancer dans toutes sortes d’études et de projets partisans dont l’importance est bien secondaire aux yeux d’une majorité la population qu’ils représentent.

Sébastien St-François

11 réflexions au sujet de « Surplus de 2010 : À qui revient le mérite? »

  1. En étant très subjectif, je suis bien d’accord avec ta dernière proposition. Je dis cela car en 2010, je suis déménagé de Boucherville à Boucherville et je vais tout de même payer près de 5000$ en taxe de Bienvenue…plutôt frustrant !

    Pour ce qui est des surplus, ils sont tous le résultat d’éléments hors de contrôle de la politicaillerie…soyons honnêtes, les élus n’ont pas de contrôle sur la météo et toutes les villes de la banlieue font du développement résidentiel donc ne nous énervons pas le poil des jambes !

    Ce qu’il y a de plus inquiétant à mon avis, c’est que l’on soit fier de faire des millions en revenus de droits de mutation lorsque l’on sait que la majorité de ces revenus proviennent du secteur du Boisé…l’une des plus grandes atrocités en matière d’urbanisme dans la région de Montréal. Pour compenser cet «argent sale», je prendrais les surplus pour investir dans les infrastructures de transport en commun…Comme le RTL ne semble pas comprendre que les gens ne prennent pas l’autobus parce qu’ils ne veulent pas se geler les fesses au coin de la rue à moins 40 degrés, la ville devrait prendre l’initiative d’installer davantage d’abribus sur le territoire, quitte à les rentabiliser avec un peu de publicité. Bon, je sais que c’est un peu farfelu mais c’est mon opinion et je la respecte !!!

    1. Pour ma part, je suis propriétaire depuis 1997 et j’en suis à ma 4e maison. Chaque fois, une taxe de bienvenue pour déménager dans la même ville! Je trouve cette taxe indécente. Bien entendu, ça relève de Québec, mais il n’y a pas une municipalité qui veut voir les règles du jeu changer. C’est trop payant, surtout depuis que les prix ont augmenté.

      « Le montant de la taxe est calculé sur le plus haut montant des trois montants de la base d’imposition et suit le barême suivant:

      0.5% sur les premiers 50 000$
      1.0% sur la tranche de 50 001$ à 250 000$
      Province de Québec, hors de Montréal :
      1.5% sur la tranche qui excède 250 001$
      Pour Montréal (depuis le 26 janvier 2010) :
      1.5% sur la tranche de 250 001$ à 500 000$
      2% sur la tranche qui excède 500 001$ »

  2. Je trouve l’idée d’investir dans des abri de bus intéressante. Un incitatif pour voyager en autobus et pour réduire notre dépendance au pétrole dont le prix ne cesse de croitre.

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