Un PQ sans article 1?

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Depuis la raclée que l’électorat a servie au Parti québécois lundi soir dernier, on constate que la réflexion sur l’avenir du PQ est bel et bien entamée. Plusieurs langues se sont déliés et on a notamment appris au cours des derniers jours qu’il subsistait une profonde division entre les députés et candidats péquistes à propos du projet de charte de la laïcité jusqu’aux dernières jours de la campagne électorale.

Dans une entrevue accordée à Patrick Lagacé de La Presse, le député de Rosemont, Jean-François Lisée, affirme ceci : « Nous avons été emportés par un tsunami. Même si nous avions fait une campagne parfaite, nous aurions été emportés par ce tsunami. » M. Lisée avoue ainsi que le balayage libéral était inévitable et que la campagne du PQ a été un échec.

D’aucuns n’affirmeront que la campagne de Pauline Marois a commencé à dérailler le 8 mars, après l’annonce de la candidature de Pierre Karl Péladeau dans Saint-Jérôme. Ne faisant pas dans la dentelle, M. Péladeau a remis à l’avant-scène ce que Mme Marois et ses stratèges auraient tant voulu taire : le référendum, l’article 1 du programme péquiste, la raison d’être du Parti québécois.

Et c’est là tout le paradoxe de ce parti souverainiste, exposé au grand jour pendant cette dernière campagne électorale. Chaque élection, les Québécois sont confrontés à une formation politique légitime aux objectifs légitimes (qu’on soit en accord ou non avec le projet souverainiste, il demeure un projet légitime) qui nie sa propre raison d’être, qui tente de la balayer sous le tapis de peur de perdre ses élections. Sur le plan de la cohérence, on repassera et les péquistes ont payé le prix de leur incohérence le 7 avril. À moins qu’il ne modifie les fondements même de son programme, l’objectif premier du PQ est de faire du Québec un pays. L’électorat le sait et tenter de le duper en affirmant le contraire n’est pas une stratégie électorale gagnante.

L’autre option qui se présente au PQ est d’abandonner son article 1. Mais encore… Je vois difficilement comment cela pourrait arriver. Premièrement, ça ne passerait pas auprès des « purs et durs » qui en mènent encore large dans les rangs péquistes. Deuxièmement, sans l’article 1, une fois la base militante aliénée, quel serait l’argument de vente du « PQ 2.0 » auprès de l’électorat? En quoi se démarquerait-il sur l’échiquier politique? Le PQ est bien pris entre l’arbre et l’écorce, car nous sommes loin de la conjoncture dans laquelle fut fondé ce parti par René Lévesque en 1968.

Par contre, l’article 1 lui n’a pas évolué d’un iota et il est devenu un boulet pour le Parti québécois. Par ailleurs, l’objectif ultime du PQ est peut-être une idée dépassée (Lysiane Gagnon, La Presse, samedi 12 avril), incapable de susciter l’intérêt de la majorité vu l’évolution des priorités des Québécois et du portrait démographique du Québec au cours des décennies. De citer Mme Gagnon : « On voit mal quelle stratégie le PQ pourrait dorénavant utiliser pour amener la majorité à son option » (après avoir joué les cartes de l’infériorité linguistique et économique des Canadiens français, du nationalisme civique et plus récemment du nationalisme ethnique ou identitaire entre autres stratégies).

Contrairement à ce qu’affirment les péquistes, qui reprochent aux libéraux d’avoir sorti l’épouvantail référendaire pour semer la peur au sein de l’électorat (stratégie employée notamment par Gaétan Barrette auprès des communautés ethniques dans La Pinière), je penche plutôt du coté de l’éditorialiste André Pratte de La Presse. Les Québécois [la majorité] n’en voulaient pas d’un référendum et ils n’en voudront très probablement pas plus dans quatre ans. Les souverainistes sont vraiment pris entre l’arbre et l’écorce…

Il reste maintenant à voir qui deviendra le prochain chef du Parti québécois. Selon Denis Lessard de La Presse, le choix de Stéphane Bédard comme chef intérimaire donne une longueur d’avance à Pierre Karl Péladeau. M. Lessard avance même que Bernard Drainville et Jean-François Lisée doivent dès lors faire leur deuil de la chefferie. Il sera intéressant de suivre l’évolution de cette course à la chefferie, qui a d’ailleurs été officieusement lancée le soir de la cuisante défaite subie par Pauline Marois.

Si PKP devient chef du PQ (et c’est un scénario que je considère très crédible, cet homme-là n’ayant pas fait le saut en politique pour demeurer simple député), le parti sera appelé à prendre un sérieux virage à droite sur le plan idéologique et il ne sera pas question d’abandonner l’article 1. Le cas échéant, il restera alors à voir si Péladeau réussira mieux que ses prédécesseurs (ayant tous échoué) à vendre une option qui perd des plumes avec chaque campagne électorale qui se succède. Mais, au moins, sous PKP, le PQ se tiendrait debout et cesserait de jouer à l’hypocrite.

Pour ma part, j’espère assister de mon vivant à une campagne électorale orientée sur l’axe gauche-droite plutôt que la sempiternelle rhétorique fédéraliste-souverainiste. Dans la vie, il faut bien garder espoir, non?

Sébastien St-François

Chronique radio du 11 avril 2014

Ma chronique hebdomadaire en compagnie de Maryse Garant, animatrice de l’émission On en parle à midi diffusée quotidiennement sur les ondes du FM103,3.

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Sujet traité cette semaine :

  • Défis post-élections qui attendent le Parti libéral du Québec, le Parti québécois et la Coalition avenir Québec

Stupéfaction et surréalisme

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Comme des millions de mes concitoyens, j’ai été scotché à mon écran de téléviseur jusqu’à tard lundi soir pour prendre le pouls de l’humeur des électeurs et connaître la répartition des sièges au terme de l’exercice démocratique auquel Pauline Marois avait convié les Québécois. Quelle soirée surréaliste pour toutes les raisons que nous connaissons déjà! Victoire « éclatante » des libéraux après seulement 18 mois de purgatoire, défaite historique du PQ alors que les sondages d’avant-campagne plaçaient Mme Marois à la tête d’un gouvernement majoritaire, discours très maladroits et tout droit sortis d’une époque révolue prononcés par MM. Péladeau, Lisée et Drainville en attendant l’arrivée sur scène de la cheffe (démissionnaire)…

Je regarde les soirées électorales à la télé depuis belle lurette, mais cette dernière a revêtu un caractère surréel – même si les chiffres qui déferlaient dans le bas de l’écran peignaient un portrait clair de la décision de l’électorat. Et, depuis l’élection, tout le monde dans mon entourage se demande bien comment les libéraux ont réussi à décrocher cette majorité, car aucun n’a voté pour le PLQ. Stupéfaction…

Bien entendu, l’élection des libéraux à la tête d’un gouvernement majoritaire alors que la CEIC n’a pas encore terminé son mandat (il serait d’ailleurs temps qu’elle cesse de s’attarder à des niaiseries comme de la soupe chaude sur les chantiers de construction et s’attaque sans plus tarder au nœud du problème, soit au financement occulte des partis politiques de 1996 à 2011) me laisse perplexe, mais c’est la décision du peuple. N’en demeure que je crains un retour à l’arrogance libérale ayant caractérisé le règne de Jean Charest (à l’exception de son bref mandat minoritaire en 2007-2008). Entre l’incompétence péquiste et l’arrogance libérale, on a choisi le moins pire?

Dans les rangs péquistes, la dégelée est totale. Comme l’écrit le chroniqueur Michel David du Devoir dans un texte intitulé « Le long hiver », ce désaveu des Québécois pour le PQ après seulement 18 mois de pouvoir est stupéfiant. Pour citer M. David : « Les prochaines révélations de la commission Charbonneau feront peut-être regretter leur choix à certains, mais les résultats de l’élection indiquent clairement que la magouille est perçue comme un moindre mal par rapport à la souveraineté. » Constat qui est triste, mais qui s’impose à la lumière des résultats de lundi soir. Reconduire les libéraux au pouvoir, et ce, de façon majoritaire, me laisse encore stupéfait deux jours plus tard. Nous sommes vraiment mal pris, il faut croire. Pour ce qui est de la participation à ce scrutin, il est quand même étonnant que plus d’un électeur sur quatre (taux de participation : 71,56 %) a décidé de renoncer à son droit de critiquer quoi que ce soit jusqu’au 1er octobre 2018 (date des prochaines élections générales au Québec). Quatre ans, ça peut s’avérer long pour garder le silence, mais quand on ne vote pas, on est bien mal placé pour chialer par la suite…

Enfin, parlons de la nouvelle répartition des sièges à l’Assemblée nationale. Récoltant 41,50 % des voix, le PLQ a fait élire 70 députés (56 % des sièges). Quant au PQ et à la CAQ, ils ont conjointement obtenu la faveur d’environ 48 % de l’électorat. Pourtant, ces deux partis se partagent un total de seulement 52 sièges (41,6 %) En 2012, la CAQ avait obtenu à peine quelque 181 000 voix de moins que le PLQ. Pourtant, les libéraux ont raflé 50 sièges et les caquistes ont dû se contenter de 19 députés. Quelque chose ne tourne plus rond dans notre mode de scrutin uninominal majoritaire à un tour. Un scrutin proportionnel aurait néanmoins résulté en un gouvernement libéral majoritaire, mais la représentation des partis à l’Assemblée nationale aurait alors mieux reflété la volonté populaire. La recherche d’un juste milieu s’impose?

En effet, la question du mode de scrutin devrait être abordée, mais ce n’est certainement pas un gouvernement libéral majoritaire qui voudra modifier les règles. En effet, les partis traditionnels ont tout intérêt à maintenir le statu quo à cet égard, comme nous le démontre d’ailleurs l’issue de chaque campagne électorale.

Sébastien St-François

Je me souviendrai

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« Je me souviens » est la devise du Québec; nous le savons tous, même s’il nous arrive parfois tout un chacun de ne pas nous souvenir de grand-chose. Par rapport à cette campagne qui arrive à sa fin, je me souviendrai de plusieurs choses.

Je me souviendrai d’une première ministre qui a déclenché cette élection, le 5 mars dernier, pour aucune raison autre que celle que les sondages d’alors laissaient poindre une possible majorité péquiste. Je me souviendrai de cette même première ministre qui, pensant sûrement faire le coup du siècle en présentant la candidature de Pierre Karl Péladeau, n’aurait jamais pu penser que c’est ce moment précis de sa campagne qui marquerait la descente aux enfers de son parti dans l’opinion publique…

Mais encore, souvenons-nous du passé récent. Souvenons-nous des mois ayant suivi l’accession de Pauline Marois à la chefferie du PQ. Les choses n’allaient pas très bien. La grogne était prise assez solidement dans les rangs péquistes et plus d’un député a décidé de claquer la porte (pensons notamment à Daniel Ratthé et à Jean-Martin Aussant) – convaincu que le PQ n’allait nulle part sous la gouverne de Pauline Marois. En rétrospective, Mme Marois doit sa victoire du 4 septembre 2012 principalement – voire uniquement – à l’impopularité de Jean Charest au terme de trois mandats comme premier ministre. Et encore, aux dernières élections générales, Pauline Marois n’a réussi à obtenir que 54 sièges, soit seulement quatre de plus que le PLQ, parti usé à la corde après neuf ans au pouvoir. C’est le fait qu’elle devenait du coup la première femme à occuper sa fonction qui en a fait une élection « historique ».

Pas plus tard qu’en juillet 2013, la popularité du PQ traînait à 24 % (le plus bas score depuis la fondation de ce parti par René Lévesque en 1968) et le taux de popularité de Pauline Marois elle-même n’était que de 16 %, derrière Philippe Couillard et François Legault. On était loin du « trèfle à quatre feuilles », pour citer Jean Lapierre. C’est là où le controversé projet de loi n° 60 au titre interminable (Charte affirmant les valeurs de laïcité et de neutralité religieuse de l’État ainsi que d’égalité entre les femmes et les hommes et encadrant les demandes d’accommodement) est entré en scène pour brouiller les cartes et semer la division dans la population. Le gain de popularité du PQ au cours de l’automne 2013 et du début de l’hiver 2014 s’explique en bonne part par le dépôt de ce projet de loi, mais les péquistes ont tellement joué la carte de la Charte pour mousser leur popularité qu’il ne restait plus de gaz pour alimenter cette création controversée du PQ rendu en campagne électorale. Autre échec pour Pauline Marois…

Maintenant, le dernier sondage Léger de cette campagne qui ne passera pas à l’histoire place le PLQ à 38 %, le PQ loin derrière à 29 %, la CAQ à 23 % et QS à 9 %. La soirée électorale risque d’être longue et personne n’est en mesure actuellement de statuer avec certitude si le prochain gouvernement sera majoritaire ou minoritaire ou encore quel parti formera l’opposition officielle. Actuellement, une seule chose est certaine : Pauline Marois perdra son pari électoral et ne sera plus cheffe du Parti Québécois. Les couteaux sont d’ailleurs déjà sortis depuis vendredi dernier…

Bien entendu, lundi soir, Philippe Couillard et les libéraux nous parleront d’une grande victoire pour le Québec et les Québécois, du retour aux vraies valeurs et aux vraies affaires. Pardon? Philippe Couillard devra sa victoire surtout à l’impopularité de Pauline Marois, à l’incompétence des stratégies péquistes et à son « habileté » à faire peur au monde avec le spectre d’un hypothétique référendum et à faire jouer la traditionnelle cassette libérale selon laquelle seuls les libéraux sont compétents pour s’occuper d’économie et de finances publiques. Pourtant, au cours de la dernière décennie, pendant que le Québec perdait des plumes et s’appauvrissait au sein de la fédération canadienne, ce sont les libéraux qui ont été au pouvoir pendant le gros de cette période…

J’ai bien hâte de voir quand la Commission Charbonneau reprendra ses travaux publics et abordera enfin l’épineuse question du financement occulte des partis politiques depuis 1996. Il demeure qu’un flou éthique plane toujours autour de Philippe Couillard et que 18 anciens ministres sous Jean Charest sont candidats dans l’équipe de M. Couillard. La CEIC nous réservera probablement un « bon spectacle » au cours des prochains mois, et si M. Couillard considère (avec raison) que les 33 jours de campagne ont été sales, la boue risque de voler encore plus après son accession au pouvoir.

Encore une fois, nous sortons d’une campagne électorale au cours de laquelle aucun des grands enjeux de notre société n’a été véritablement débattu et aucune réelle solution n’a été proposée aux problèmes qui hypothèquent notre avenir collectif. Encore une fois, au cours des quelque 30 derniers jours, péquistes et libéraux nous ont démontré qu’ils ne sont pas la solution à nos problèmes, mais qu’ils sont plutôt la cause de ceux-ci. Dans l’intérêt de la démocratie, souvenons-nous de cette élection et tirons-en collectivement des leçons afin de mieux nous préparer à la prochaine ronde.

Sébastien St-François

PLQ, non merci!

Le PLQ n’est pas digne de former le gouvernement tant que la lumière n’aura pas été faite et que le ménage n’aura pas été fait au sein du Parti libéral du Québec. Les électeurs ont le droit de savoir AVANT de voter, à moins que le Québec ne soit rendu une république de bananes!

Les secrets et les complots (Isabelle Richer)

Documents de l’UPAC sur le PLQ : Pas de publication avant l’élection

Entrevue d’Alain Gravel et de Kathleen Lévesque avec Benoit Dutrizac

Un parti qui a tout fait pour vous cacher la vérité aux électeurs jusqu’à après les élections et sur lequel pèse de lourds soupçons de corruption et de collusion ainsi que de multiples perquisitions de l’UPAC mérite-t-il votre confiance et mérite-t-il de gouverner le Québec?

Sébastien St-François

 

 

Chronique radio du 4 avril 2014

Ma chronique hebdomadaire en compagnie de Maryse Garant, animatrice de l’émission On en parle à midi diffusée quotidiennement sur les ondes du FM103,3.

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Sujet traité cette semaine :

  • Bilan des campagnes du PQ, du PLQ, de la CAQ et de QS

Mon vote en 30 points

Francois David, Francois Legault, Pauline Marois, Philippe Couillard
Bon, le jour J approche et il faut bien finir par se décider. Depuis le 5 mars dernier, je suis assidûment (peut-être trop assidûment) cette campagne électorale que Pauline Marois pourrait bien regretter d’avoir déclenchée.

En cours de campagne, j’ai écrit à plusieurs reprises sur le débat stérile dont nous tiennent captifs le Parti québécois et le Parti libéral du Québec, débat qui sclérose notre société et fait faire du surplace au Québec depuis des décennies. Le PLQ joue sur la peur (d’un référendum) pour gagner des voix, tandis que le PQ semble vouloir exploiter l’ignorance de certaines gens moins bien informés sur les enjeux sociaux pour réaliser des gains. Dans un cas comme dans l’autre, c’est prendre le monde pour des valises… Les Québécois méritent mieux que ça, et voici donc en 30 points les raisons pour lesquelles j’accorderai mon vote à ce que je considère comme représenter l’option « la moins pire ».

Je ne voterai pas pour le PQ de Pauline Marois pour les raisons suivantes :

  1. Je m’oppose à l’article 1 sur la souveraineté du PQ et je ne veux absolument rien savoir d’un troisième référendum.
  2. Pauline Marois a fait fi de sa propre loi sur les élections à date fixe uniquement dans l’optique partisane de décrocher une majorité de sièges à l’Assemblée nationale. Ce faisant, elle a agi en fonction de ses intérêts politiques personnels plutôt que des intérêts supérieurs du peuple québécois. Je n’ai pas envie de récompenser son geste électoraliste.
  3. Pauline Marois a manqué de respect envers les Québécois en les convoquant aux urnes pour ainsi s’esquiver de son obligation de s’expliquer en commission parlementaire sur l’histoire du « deal » avec la FTQ.
  4. Pauline Marois aurait déclenché des élections entre autres pour éviter que le PQ ne soit éclaboussé par la CEIC, selon Jacques Duchesneau. J’ai tendance à croire M. Duchesneau, et ce, même si le PQ l’a mis en demeure à la suite de sa déclaration.
  5. Pauline Marois dirige un « vieux parti » ayant contribué, au cours des quatre dernières décennies, à faire en sorte que le Québec se classe aujourd’hui à l’avant-dernier rang des provinces en termes de richesse, tout juste devant l’Île-du-Prince-Édouard.
  6. Pauline Marois dirige un parti politique auquel s’intéresse l’UPAC.
  7. Pauline Marois et son gouvernement ont créé un climat de grande instabilité économique au cours des 18 dernier mois.
  8. Pauline Marois s’est servie de son projet de charte sur la laïcité pour semer la division au sein de la population québécoise.
  9. Pauline Marois aurait considérablement alourdi le fardeau des Québécois qui contribuent déjà beaucoup à l’assiette fiscale si elle avait décroché une majorité en septembre 2012. Elle voulait notamment imposer une hausse d’impôt rétroactive.
  10. Pauline Marois n’a pas respecté une de ses promesses phares de la campagne électorale de 2012, soit celle d’abolir la taxe santé des libéraux, qu’elle qualifiait d’ignoble.

Je ne voterai pas pour le PLQ de Philippe Couillard pour les raisons suivantes :

  1. Philippe Couillard, comme Pauline Marois, dirige un « vieux parti » ayant contribué à l’appauvrissement collectif du Québec au fil des dernières décennies.
  2. Philippe Couillard laisse planer un flou sur ses liens avec le Dr Arthur Porter en refusant de répondre aux questions qui perdurent à cet égard. Son passé soulève beaucoup de questions sur son sens éthique.
  3. Philippe Couillard dirige un parti politique auquel s’intéresse l’UPAC au point d’avoir perquisitionné ses bureaux à plus d’une reprise.
  4. Philippe Couillard dirige le parti ayant voté à 11 reprises contre la création d’une commission d’enquête sur l’industrie de la construction, soit la Commission Charbonneau. Et, maintenant, l’UPAC scrute à la loupe l’agenda de l’ancien premier ministre Charest.
  5. La Commission Charbonneau n’a pas encore fait toute la lumière sur le financement occulte du PLQ pendant les années Charest, et Philippe Couillard nous demande de confier le destin du Québec à son parti pour les quatre prochaines années.
  6. Philippe Couillard s’est négocié un job dans le privé alors qu’il était encore ministre de la Santé dans le gouvernement Charest – une pratique très questionnable ayant d’ailleurs mené à la « Clause Couillard » dans l’actuel Code d’éthique et de déontologie des membres de l’Assemblée nationale.
  7. Philippe Couillard présente dans son équipe de candidats 18 anciens ministres du gouvernement Charest et tente de nous faire croire que le ménage a été fait et que le PLQ s’est renouvelé.
  8. Philippe Couillard s’est dit à l’aise avec tout l’héritage du PLQ, incluant les années Charest sur lesquelles planent encore beaucoup de soupçons et de questions sans réponse.
  9. Avant le déclenchement des élections, Philippe Couillard a agi de manière bassement partisane en faisant de l’obstruction pour faire mourir au feuilleton le projet de loi sur l’aide médicale à mourir – un projet de loi qui faisait pourtant consensus à l’Assemblée nationale.
  10. Philippe Couillard préfère faire peur aux Québécois (référendum) que leur démontrer qu’il est capable de faire de la politique autrement : s’il est élu, il ne faut s’attendre à rien d’autre qu’un traditionnel gouvernement libéral – ce dont je ne veux pas.

Je compte voter pour la CAQ de François Legault pour les raisons suivantes :

  1. François Legault est le seul des trois principaux chefs qui ose rompre un peu soit-il avec le statu quo responsable du présent marasme au Québec.
  2. François Legault est le seul des trois principaux chefs qui reconnaît la présence du mur qui se dresse devant nous ainsi que l’urgence de donner préséance aux services plutôt qu’aux structures.
  3. François Legault est le seul des trois principaux chefs à compter une expérience concrète de gestion acquise dans le secteur privé, expérience qui s’avérerait fort utile au Québec en ce moment.
  4. François Legault est comptable agréé et reconnaît qu’on ne peut plus laisser aller le saccage qui consiste à continuer à utiliser « la carte de crédit de nos enfants » pour payer nos services actuels.
  5. François Legault est le seul des trois principaux chefs qui reconnaît que le fardeau fiscal est trop élevé au Québec et veut s’y attaquer.
  6. François Legault est seul des trois principaux chefs qui reconnaît que la bureaucratie est trop lourde au Québec et s’engage à l’alléger.
  7. François Legault compte plusieurs candidats issus du milieu des affaires dans son équipe, contrairement au PQ et au PLQ qui ont choisi de faire le plein d’économistes (même Pierre Karl Péladeau reconnaît que les économistes ne créent pas d’emplois).
  8. François Legault incarne une voix nécessaire au Québec et les Québécois seraient perdants si cette voix n’était plus représentée à l’Assemblée nationale. En septembre 2012, près de 1,2 M d’électeurs ont voté pour la Coalition Avenir Québec.
  9. François Legault est le seul des trois principaux chefs qui propose une charte des municipalités pour s’attaquer aux déficits actuariels des régimes de retraite municipaux.
  10. François Legault est le seul à diriger un parti n’ayant jamais été au pouvoir, et il ne pourrait qu’apporter un brin de fraîcheur à la gouvernance de notre province.

Cette année, je m’inscris en faux contre le « vote stratégique » et je voterai selon ma conscience et en fonction des enjeux que je considère prioritaires. Je vous invite à faire de même. Et, en pleine Commission Charbonneau, aucun parti ne mérite un mandat majoritaire. Il reste encore trop de ménage à faire. Bon vote!

Sébastien St-François

Heure locale sur TVRS

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Depuis le début de février, je participe à la nouvelle émission d’actualités animée par Jean Lajoie sur les ondes de Télévision Rive-Sud, Heure locale.

L’émission est diffusée en direct les jeudis soirs de 19 à 20 h. Il est également possible de l’écouter en rediffusion via le Web : http://www.tvrs.ca/sur-demande/heure-locale

Sébastien St-François

Chronique radio du 28 mars 2014

Ma chronique hebdomadaire en compagnie de Maryse Garant, animatrice de l’émission On en parle à midi diffusée quotidiennement sur les ondes du FM103,3.

Pour écouter la chronique en format Web, cliquez sur le lien ci-dessous :

Sujets traités cette semaine :

  • Sur Boucherville, en rafale : transit de jusqu’à 30 000 barils de pétrole par jour par train sur la Rive-Sud, un vox pop de La Seigneurie qui en dit long sur le désintérêt des citoyens pour la gestion municipale et la Ville de Boucherville veut s’entendre à l’amiable avec un promoteur qui la poursuit…
  • Retour sur la campagne électorale et le débat de jeudi soir sur les ondes de TVA : À quoi nous attendre le soir du 7 avril?

Nous sommes encore loin de la politique 2.0!

Politique 2.0
Depuis quelque temps, un vent de panique semble souffler dans les rangs péquistes. Les sondages indiquent une baisse de popularité du PQ depuis qu’une nouvelle menace référendaire plane sur le Québec, et la campagne de Pauline Marois manque de plus en plus de structure et de cohérence. Voilà maintenant qu’elle demande à Philippe Couillard de s’excuser pour les années Charest. Mme Marois joue dorénavant une de ses dernières cartes, celle de l’intégrité, et attaque son adversaire libéral sur ce point, alors que c’est elle qui a déclenché ces élections, notamment – pourrait-on raisonnablement penser – pour ne pas avoir à témoigner en commission parlementaire sur le prétendu « deal » avec la FTQ avant que les Québécois ne se rendent aux urnes. C’est vraiment rendu n’importe quoi du côté des péquistes.

Cette campagne se déroule donc sur traditionnel fond d’intégrité et de référendum. Après la sortie de Linda Goupil vendredi dernier, affirmant qu’elle ne voulait pas d’un référendum et qu’elle ne se serait pas présentée candidate si elle l’avait su, voilà maintenant à la députée sortante de Champlain, Noëlla Champagne, de faire une sortie publique. Ce faisant, Mme Champagne a néanmoins précisé ce que sa chef entend par ceci : « Il n’y aura pas de référendum… [quelques secondes de silence] tant que les Québécois ne sont pas prêts. » De répondre Mme Champagne : « Elle [Mme Marois] n’a jamais dit qu’elle ne le ferait pas… mais ce n’est pas son premier choix. On n’a pas le goût de se lancer là-dedans pour perdre. »

Le 29 mars 2014 marque le 65e anniversaire de naissance de Pauline Marois. Elle a beaucoup plus d’années de vie politique derrière elle qu’elle n’en a devant elle. Celle qui est devenue la première femme dans l’histoire du Québec à occuper sa fonction milite pour la souveraineté depuis des décennies. Si elle réussit à décrocher une majorité (ce qui semblerait de moins en moins probable, mais non impossible), il est clair dans mon esprit qu’elle fera tout ce qu’elle peut pour « préparer » les Québécois à un nouveau rendez-vous référendaire avant la fin de son mandat. Elle sait fort bien que le temps avance, et je suis convaincu qu’elle veut être celle qui réussira là où deux de ses prédécesseurs ont échoué.

Les Québécois qui n’en veulent pas d’un troisième référendum (64 % selon un récent sondage CROP) ont donc de bonnes raisons de « paniquer » si Pauline Marois réussit son pari risqué de décrocher un mandat majoritaire le 7 avril prochain. Elle maintient sa réponse floue pour ne pas s’aliéner les purs et durs ainsi que les pressés de son parti; si elle devait diriger un gouvernement majoritaire, ce seraient ces mêmes personnes qui exerceraient toutes les pressions possibles pour faire plier la première ministre et engager le Québec sur cette voie. Et l’Histoire nous enseigne que le chef du PQ est assis sur un siège éjectable si les purs et durs décident qu’il a fait son temps…

Par ailleurs, le « Bonhomme Sept Heures » référendaire, soit l’actuel chef du PLQ qui promettait un renouveau de son parti, affirme que le Québec aurait les moyens de devenir un pays. Il vient de perdre toute chance d’obtenir mon vote, car il démontre clairement que le PLQ n’a pas évolué d’un iota depuis avoir perdu le pouvoir au terme de neuf ans de règne. Philippe Couillard ne fait que jouer la même cassette que les chefs du PLQ se lèguent depuis des décennies. La dernière fois que j’ai voté pour un vieux parti, ce fut pour le PLQ en 2003. En 2014, comme en 2012, mon vote ira à la Coalition Avenir Québec. Non, la CAQ est loin d’être une option parfaite, mais ça vaut mieux à mes yeux que la « bouillis pour les chats » que nous servent les vieux partis depuis des décennies sans jamais régler les nombreux problèmes qui plombent le Québec depuis trop longtemps.

En 2014, c’est notre seule option pour tenter d’amorcer une « ère 2.0 » dont la politique québécoise aurait bien besoin. Nous devons nous sortir du marasme collectif dans lequel nous maintiennent péquistes et libéraux ex aequo!

Pour conclure, voici les propos (traduits) du chroniqueur Michael Den Tandt du National Post : Ce serait une sublime ironie si Pauline Marois – après avoir plongé le Québec en élections par opportunisme crasse, renié l’histoire de son parti en matière d’inclusion culturelle et recruté le célèbre milliardaire intraitable Pierre Karl Péladeau pour donner à son plan [économique] du muscle et de la crédibilité auprès de l’électeur moyen – devait perdre son pari. Il s’agirait d’un discrédit irréfutable de la croyance selon laquelle celui ou celle qui mène dans les sondages à l’aube d’une campagne électorale remportera à coup sûr son pari. Quand on joue avec le feu, il arrive qu’on se brûle…

Sébastien St-François