Médiocrité, vous dites?

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D’entrée de jeu, je n’appuie aucunement les propos loufoques du chef intérimaire du PQ, Stéphane Bédard, propos repris par plusieurs candidats à la direction de ce parti, selon lesquels Philippe Couillard semble imprégné des valeurs saoudiennes après un séjour de travail dans ce pays – où règne la charia – dans les années 1990. C’était une basse attaque personnelle de la part de M. Bédard et des autres péquistes, alors que le PQ donne nettement l’impression d’un parti sans repères et sans arguments – malgré le « phénomène PKP ». Pierre Karl Péladeau est d’ailleurs un des seuls à ne s’être pas engagé sur cette pente glissante.

D’ailleurs, avec le concours des médias, le PQ et sa non-course à la chefferie commandent beaucoup plus de visibilité et de couverture que ce à quoi on pourrait s’attendre d’un parti politique ayant fait élire une trentaine de députés aux élections d’avril 2014 au terme d’une cuisante défaite.

Il faut dire que le « dossier de l’imprégnation » a vite pris un virage résolument ridicule. Bédard a imploré le premier ministre de ne pas importer le modèle saoudien au Québec, Alexandre Cloutier a accusé le premier ministre d’être devenu tolérant envers les violations des droits de la personne et Bernard Drainville a affirmé que Philippe Couillard avait des affaires non réglées avec le régime saoudien. Cloutier s’est d’ailleurs empressé de se rétracter dès le lendemain matin en entrevue avec l’animateur Paul Arcand du 98,5 FM. Une chance que le ridicule ne tue pas, car plusieurs parlementaires auraient rendu l’âme la semaine dernière sinon…

Cela étant dit, il y a quelque chose de gênant à entendre le ministre de la Santé, le bon Dr Gaétan Barrette, traiter les péquistes de faire preuve d’une « profonde médiocrité ». Le ministre – ex-caquiste devenu libéral – a déploré que les candidats [péquistes] s’étaient lancés dans une course à la chefferie pour éventuellement tenter de former un gouvernement alors qu’ils font tout pour diviser. Il y a un fond de vérité dans cela. Rappelons-nous que le projet de charte du gouvernement Marois avait semé une profonde division au sein de la population québécoise. Mais il en demeure que la médiocrité n’est pas l’apanage du PQ à l’Assemblée nationale du Québec.

Cependant, on ne peut pas dire que le gouvernement libéral dirigé par Philippe Couillard se hisse bien au-dessus de la médiocrité jusqu’à présent. Ce gouvernement compte plusieurs ministres qu’on pourrait qualifier de médiocres. Je pense d’emblée à Lise Thériault (gestion médiocre du dossier des évadés d’Orsainville), David Heurtel (gestion médiocre du dossier des bélugas), Francine Charbonneau (gestion médiocre du dossier du projet de loi 27 sur les « places fantômes » dans les garderies), sans oublier Yves Bolduc (gestion médiocre de pratiquement tous les dossiers qu’il pilote depuis son assermentation comme ministre de l’Éducation). Tous ces ministres médiocres demeurent en poste, le premier ministre ayant réitéré publiquement sa confiance à leur égard malgré leurs bourdes parfois répétées et assez monumentales.

Outre les éléments plutôt médiocres formant son conseil des ministres, Philippe Couillard n’excelle pas lorsqu’il est question du dossier identitaire. Que l’on ait été pour ou contre la charte proposée par le gouvernement Marois, et que l’on soit pour ou contre sa mouture 2.0 maintenant proposée par Bernard Drainville, il faut au moins reconnaître que les députés du PQ ont une vision à proposer aux Québécois en cette matière. Du côté du PLQ, niet. Patrick Lagacé de La Presse a d’ailleurs publié un excellent billet à ce sujet samedi dernier. Dans « PLQ, le parti avant la patrie (encore) », le chroniqueur affirme que « le PLQ ne fait qu’appliquer ces jours-ci la méthode Jean Charest : on essaie de gagner du temps et, bientôt, la tempête passera… » Ce n’est pas pour rien que j’ai déjà qualifié le gouvernement Couillard de gouvernement Charest 2.0 dans un billet antérieur.

En matière identitaire, M. Couillard et ses troupes demeurent très mollasses. Le PLQ ne veut pas s’aliéner sa base électorale dans les communautés culturelles. Il n’en demeure pas moins que la réponse que le premier ministre a servi aux partis d’opposition et à l’ensemble des Québécois depuis Davos laisse à désirer. Les Québécois réclament une prise de position claire de leur gouvernement dans ce dossier, une majorité de 59 % des Québécois sondés se disant favorables à une charte sur la laïcité. Il faudra donc que Philippe Couillard « se branche » une fois de retour de Davos.

M. Barrette, gardez-vous une petite gêne la prochaine fois que vous traitez vos opposants politiques de médiocres. De la médiocrité, il y en a au sein de tous les partis représentés à l’Assemblée nationale, dont le vôtre, et l’ensemble des parlementaires auraient intérêt à relever leur discours de quelques crans, vous y compris.

Sébastien St-François

Un récit d’eau, de neige et de glace

150104_cg2ln_rue_ottawa_verglas_sn1250La « crise de l’eau » qui a sévi à Longueuil, à Boucherville et à Saint-Bruno-de-Montarville la semaine dernière a soulevé moult questions dans les médias et au sein de la population sur l’efficacité des interventions visant à rétablir l’approvisionnement en eau potable sur une bonne partie de la Rive-Sud de Montréal. Pour ma part, le plus inquiétant dans toute cette saga est que, par exemple, l’animateur Paul Arcand du 98,5 FM avait été informé de l’existence d’un problème majeur par une source anonyme en autorité à la Ville de Longueuil plusieurs heures avant l’imposition officielle de l’avis de non-consommation de l’eau ayant eu pour effet de priver plus de 300 000 Québécois d’eau potable pendant quelque 36 heures.

Nonobstant les affirmations de la mairesse de Longueuil, Caroline St-Hilaire, les autorités municipales n’avaient visiblement aucun protocole ou plan en place pour gérer efficacement une telle éventualité. De citer François Cardinal de La Presse : « Longueuil a adopté il y a trois mois une résolution sur le transport de pétrole sur le Saint-Laurent […] Une prise de position qui ne lui a manifestement pas donné l’idée de se préparer elle-même en cas de déversement sur son propre territoire. »

J’habite une des villes « sinistrées » de la semaine dernière. Personnellement, je n’ai pas été incommodé par des odeurs de diesel dans l’eau qui coulait de mes robinets et j’ai même consommé de l’eau avant que l’avis de non-consommation ne soit annoncé. Par contre, j’ai la nette impression que la gestion des événements au cours des quelque 36 heures qu’aura duré cette « crise » a été marquée par un certain amateurisme. Je m’attends donc à ce que les autorités nous présentent un compte rendu complet de ce qui s’est passé et des défaillances dans la gestion de cet incident de santé publique une fois que le post-mortem aura été fait en bonne et due forme. La mairesse de Longueuil s’est d’ailleurs engagée en ce sens vendredi soir lors d’un point de presse convoqué pour annoncer la levée de l’avis de non-consommation de l’eau.

La potabilité de l’eau est certes un service essentiel auquel doivent veiller nos municipalités, mais qu’en est-il lorsque l’eau tombe du ciel sous la forme de neige et de glace et recouvre nos voies publiques d’un véritable cocktail météorologique? Aurions-nous oublié, au Québec, que notre climat est nordique et que le déneigement et le déglaçage sont aussi des services essentiels pour assurer la sécurité des citoyens dans leurs déplacements?

Malgré les hausses de taxes qui se succèdent d’année en année, je constate – à l’instar de nombre de mes concitoyens – que la qualité des services de base que nous rendent nos municipalités se détériore. Nous voilà plongés dans le mois le plus froid et le plus désagréable (du moins pour celles et ceux qui, comme moi, détestent l’hiver) de l’année et force est de constater que l’art du déneigement et du déglaçage se perd au Québec. J’habite Boucherville, mon bureau est situé dans le Vieux-Longueuil et j’ai à me rendre parfois à Montréal comme bon nombre de Québécois. Depuis le début de l’hiver en cours, j’observe de nombreuses défaillances lors des opérations de déneigement et de déglaçage qui suivent chaque chute de précipitations. Et le problème ne se limite pas uniquement à la métropole. Même un grand axe routier comme la 132 en bordure du fleuve Saint-Laurent pose problème chaque fois qu’il tombe de la neige tellement le déneigement est mal fait.

À Boucherville, les rues sont recouvertes de grandes plaques de glace très dure et très glissante et les principaux boulevards de la municipalité sont souvent déneigés à moitié – à un point tel qu’une voie sur deux est plus souvent qu’autrement impraticable ou difficilement empruntable. C’est comme si le sel de déglaçage était devenu une denrée si rare ou si coûteuse que la municipalité n’avait plus les moyens de s’en procurer ou s’en payer.

Pourtant, toujours ici à Boucherville, le conseil municipal est allé de l’avant avec un projet de centre d’art qui est en train de virer en véritable fiasco judiciaire et aura fini par coûter des millions de dollars de plus qu’initialement annoncé une fois que le premier citoyen y mettra pied. Ce même conseil veut maintenant aller de l’avant avec un projet controversé de complexe aquatique dont le coût pourrait facilement dépasser les 30 M$ pour une population de 42 000 habitants.

Alors que l’argent semble tomber du ciel lorsqu’il est question de financer des projets électoralistes, l’administration municipale semble lésiner lorsqu’il est question des opérations de déneigement et de déglaçage nécessaires d’un point de vue de sécurité publique. L’autre jour, il a fallu que je dirige mon véhicule vers la congère en bordure de la voie municipale pour ne pas heurter le véhicule devant moi qui attendait à un feu rouge, car la chaussée était recouverte d’une glace vive. Non, je ne roulais pas vite et ledit véhicule était immobilisé à une trentaine de mètres devant moi. Je me trouvais en pleine ville, pas sur un rang de campagne. En fait, le rang de campagne qui me mène à mon chalet est mieux entretenu que la rue où se trouve ma résidence principale. Ce n’est pas normal…

Comme le disait feu Jean Drapeau, les citoyens s’attendent de leur municipalité que l’eau qui coule dans leurs tuyaux soit potable, que les eaux usées qu’ils produisent soient évacuées de leur demeure, que leurs vidanges soient ramassées et que leurs rues soient carrossables et sécuritaires. En 2015, que nous ayons à composer avec des voies publiques aussi mal entretenues et souvent carrément dangereuses lorsque le mercure chute sous zéro dépasse l’entendement. Il est grand temps que nos administrations municipales recommencent à prendre leurs missions fondamentales au sérieux – surtout compte tenu des sempiternelles hausses de taxes qu’elles nous refilent depuis des années. En matière de services de déneigement et de déglaçage, nous en avons de moins en moins pour notre argent.

Sébastien St-François

Avant de pouvoir continuer, il faut d’abord commencer…

actualites_-_sympatico_-_ca_1300_732_50_s_c1_center_center_0_0_1Après la multiplication d’annonces de décisions se soldant par d’importantes ponctions que subiront les Québécois en 2015, le taux des « très insatisfaits » à l’égard du gouvernement Couillard atteint maintenant 30 %, selon le dernier sondage Léger-Le Devoir. Ce pourcentage n’a cessé d’augmenter au cours de l’automne qui se termine.

C’est un fait bien documenté : les gouvernements imposent toujours leurs mesures les plus susceptibles de susciter la grogne populaire en début de mandat. L’électorat ayant tendance à avoir la mémoire courte, nos dirigeants politiques se disent que le bon peuple a le temps d’oublier avant qu’il ne soit convoqué de nouveau aux urnes. Et, dans la pratique, ils ont raison la plupart du temps…

Vendredi dernier, l’animateur Benoit Dutrizac s’est entretenu avec Martin Coiteux, président du Conseil du Trésor. M. Coiteux nous assure que les efforts se poursuivront en 2015 pour ce qui est des nombreux autres dossiers problématiques sur le plan des finances publiques. J’aimerais bien pouvoir le croire. Malgré ma méfiance par rapport aux libéraux lorsqu’il est question de finances publiques, s’il y a un membre de ce gouvernement qui tient un discours relativement cohérent depuis son entrée sur la scène politique, c’est bien M. Coiteux. Il tenait le même discours lorsqu’il était professeur aux HEC.

Il reste à voir ce que le gouvernement libéral nous annoncera en 2015. Cependant, à ce jour, le constat est le suivant : le gouvernement libéral provincial aura alourdi le fardeau fiscal du Québécois moyen et récupéré la totalité des mesures d’allègement annoncées plus tôt cet automne par le gouvernement fédéral. Au net, les Québécois figureront parmi les seuls Canadiens à ne bénéficier aucunement des « cadeaux électoralistes » de Stephen Harper.

Pendant ce temps, le premier ministre Philippe Couillard tient à nous rassurer : « La population du Québec va continuer à s’enrichir ». Euh? Est-ce que j’en ai manqué un bout? Pour continuer à s’enrichir, il faudrait que le Québec commence d’abord par s’enrichir… Mais c’est loin d’être le cas; au contraire, le Québec et les Québécois s’appauvrissent. En effet, on apprenait récemment que le pouvoir d’achat des Québécois avait enregistré son premier recul depuis 1996. Sur le plan collectif, la province de Québec (la neuvième province la moins riche sur dix, devant l’Île-du-Prince-Édouard) recevra la somme record de 9,5 milliards de dollars en péréquation du gouvernement fédéral en 2015-2016.

Par conséquent, avant même d’essayer de nous faire croire que nous sommes en mesure de continuer à nous enrichir, le premier ministre devrait plutôt faire preuve d’une bonne dose de réalisme. La pléthore de mesures annoncées au cours de l’automne ne vise qu’à permettre à la province d’atteindre l’équilibre budgétaire en 2015-2016. C’est tout… Le gouvernement n’a toujours rien fait pour s’attaquer, par exemple, à la dette – dette qui dépasse les 270 G$ et augmente de 25 M$ par jour selon le Compteur de la dette québécoise. Voilà un problème récurrent de taille que nous devons en bonne partie à Jean Charest, le prédécesseur libéral de Philippe Couillard. Que fera le gouvernement à cet égard? Puiser encore et encore dans les poches du contribuable, qui n’en a plus à donner sans mettre en péril son propre équilibre budgétaire?

Malgré les assurances que le premier ministre veut bien nous donner en cette fin d’année, force est de constater que le Québec est encore très loin de redevenir une province prospère et que les générations futures payeront encore très longtemps les abus des dernières décennies. C’est la triste réalité de ce qu’est devenu le Québec au fil des gouvernements péquistes et libéraux s’étant succédés depuis la Révolution tranquille.

Malgré toute cette morosité dans laquelle baigne le Québec, c’est aussi le moment des réjouissances dans la Belle Province, alors souhaitons-nous de joyeuses fêtes! Profitons-en pour décrocher un peu, car la réalité nous rattrapera et reprendra l’avant-scène assez vite au retour du traditionnel congé de fin d’année. Souhaitons-nous une année 2015 moins austère et plus optimiste que fut 2014!

Sébastien St-François

Monde municipal : une refonte en profondeur s’impose

B4rUnj3IQAA-UYN.jpg largeSource : tvrs.ca

Le diable est aux vaches dans le monde municipal. Après avoir soulevé l’ire des syndiqués municipaux en faisant adopter son projet de loi 3 sur les régimes de retraite, le ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau, s’est attiré les foudres des élus municipaux la semaine dernière en fustigeant publiquement la mairesse de Longueuil, Caroline St-Hilaire, et le maire de Laval, Marc Demers. Le ministre juge les hausses de taxes décrétées par ces derniers exagérées et menace les fautifs de sanctions. Qui a raison, qui a tort? Il est difficile d’imputer l’entièreté du blâme à l’une ou l’autre des parties, mais une chose est certaine : c’est toujours le contribuable qui finit par payer… Dans ce texte, je vais me concentrer sur la situation de l’agglomération de Longueuil étant donné que j’y habite. Cependant, mes commentaires s’appliquent à la grandeur du Québec.

Dans ce débat, il faut garder à l’esprit une prémisse de base : les employés municipaux sont les fonctionnaires les mieux payés au Québec. En fait, ils gagnent près de 40 % de plus que leurs homologues provinciaux. Ce sont les contribuables qui font les frais de ces conditions de travail extrêmement généreuses. Par exemple, à Boucherville – municipalité de 42 000 âmes que j’habite depuis 1977 –, le directeur général de la Ville reçoit des émoluments et avantages sociaux qui frôlent, voire dépassent, les 200 000 $ – sans parler du régime de retraite doré qui l’attend quand il tirera sa révérence. Raisonnable pour ce que certains qualifieront de « ville dortoir »? La masse salariale des municipalités est très élevé. Viennent ensuite les projets de toutes sortes qui sont chers à nos élus. Toujours à Boucherville, c’est par millions que l’argent des contribuables se dépense sur des projets très accessoires dans le contexte actuel. Et, dans le cas de ma ville, ces projets sont souvent payés au comptant afin de museler les citoyens contestataires. Il faut savoir qu’en vertu de la Loi sur les cités et villes, les élus peuvent dépenser les surplus comme bon leur semble sans que les citoyens puissent s’y opposer. Est-ce normal dans un système qui se veut et se dit démocratique?

Pendant ce temps, le déficit d’entretien de nos infrastructures publiques se creuse d’année en année. Chez nous, le service du génie prône la réfection complète (conduites d’aqueduc et d’égout, fondation et chaussée) d’un minimum de cinq kilomètres de rues annuellement. Or, d’après les chiffres que j’ai obtenus de la direction du greffe de la Ville de Boucherville, sur une période de six ans (de 2009 à 2014 inclusivement), très exactement 14,678 kilomètres ont été refaits. Ce déficit de 15,322 kilomètres s’ajoute à celui d’environ 40 kilomètres qui existait au début de 2009. Quand on sait combien coûte la réfection complète d’un mètre linéaire de rue, c’est une facture totalisant des dizaines de millions de dollars qui se monte sous nos pieds. Et le cas de Boucherville est loin d’être un cas d’espèce; l’ensemble des municipalités du Québec accusent un déficit à ce chapitre.

Vient ensuite la situation de l’agglomération de Longueuil. En 2016, ce monstre bureaucratique « fêtera » ses dix années d’existence. Cette structure qu’est l’agglomération coûte de plus en plus cher aux contribuables qui la financent. Pour 2015, son budget s’établit à 334,5 M$, en hausse de 1,9 % par rapport à 2014. Cette nouvelle hausse s’ajoute à des hausses annuelles souvent supérieures à l’inflation depuis 2006. Pour Boucherville, cela se traduit par une quote-part de 47,5 M$, en hausse de 2,9 % par rapport à 2014.

Jeudi dernier, trois des quatre maires des villes liées à Longueuil (Boucherville, Brossard, Saint-Bruno et Saint-Lambert) ont fait une sortie publique pour dénoncer le manque de transparence dont ils se jugent victimes. Ces trois maires, dont Martin Murray de Saint-Bruno qui est comptable de formation, avancent que le partage des dépenses mixtes entre la ville centre (Longueuil) et les villes liées serait illégal et aurait coûté aux contribuables de ces dernières 40 M$ en sept ans. Si je reviens à l’exemple de Boucherville, alors que nous ne représentons qu’environ 10 % de la population de l’agglomération, la quote-part que nous devons verser annuellement aux coffres de l’agglo a souvent dépassé les 15 %. C’est ça, l’équité en matière de fiscalité municipale?

Étonnamment, le maire de Boucherville, Jean Martel, a décidé d’aller à l’encontre de ses trois homologues et a plutôt permis l’adoption du budget 2015 de l’agglomération. Pour justifier sa décision de se ranger une fois de plus derrière Longueuil, il invoque que l’agglomération fonctionne et permet de belles réalisations, comme les Jeux du Québec. Oui, elle fonctionne, mais à quel prix? En prenant le parti de la mairesse St-Hilaire, j’en conclus donc que Jean Martel ne reconnaît pas l’iniquité dont ses concitoyens sont victimes et juge parfaitement normal que les contribuables de Boucherville essuient des hausses de leur fardeau fiscal imputables au fonctionnement de l’agglomération de Longueuil qui sont plus souvent qu’autrement supérieures à l’inflation. Je trouve cela bien désolant venant d’un maire qui dit prôner une « taxation limitée et responsable » depuis qu’il est en poste. Quant on sait que la quote-part représente annuellement environ 45 % du montant (après impôt) que les contribuables doivent payer en taxes municipales à la Ville, on est en droit de s’attendre à ce que le maire prenne le parti des citoyens dont il est censé défendre les intérêts plutôt que celui d’une mairesse somme toute assez dépensière.

Alors, entre le ministre Pierre Moreau et la mairesse St-Hilaire, qui croire? Certes, Mme St-Hilaire a parfaitement raison lorsqu’elle déclare que les élus municipaux ont la légitimité démocratique de gérer leur ville et que c’est aux citoyens qu’ils représentent de juger de leur rendement. Par contre, M. Moreau a tout autant raison d’affirmer que les municipalités disposent d’une évaluation foncière qui augmente, qu’elles dégagent des surplus (parfois énormes) et que la croissance de leurs dépenses augmente – tout comme leur assiette fiscale. Pour le contribuable, ce débat aboutit plus souvent qu’autrement au même résultat : un compte de taxes qui ne cesse d’augmenter et qui représente un fardeau de plus en plus lourd.

Une chose demeure certaine. Comme ce fut le cas avec les commissions scolaires en 2013 sous le gouvernement Marois, peu importe qui remporte ce bras de fer politique entre Québec et les municipalités, c’est au contribuable municipal qu’on refilera une fois de plus la note. Et c’est pour cette raison qu’une refonte en profondeur du fonctionnement et des priorités de nos municipalités s’impose. Il est temps de faire le ménage et d’arrêter de pelleter dans la cour des contribuables.

Sébastien St-François

J’aimerais bien vous croire, mais…

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« Le chemin qui reste à faire ne sera pas fait par les citoyens. Il sera fait par le gouvernement dans son périmètre de dépenses. » M. Couillard, j’aimerais bien vous croire, mais vous n’êtes pas crédible. Comment puis-je croire quelqu’un qui s’était engagé formellement en campagne électorale à ne pas hausser les tarifs de garderie plus que l’inflation, après avoir décrié la hausse à 9 $ prévue par le PQ, pour ensuite annoncer que ces tarifs seront dorénavant modulés jusqu’à hauteur de 20 $ par jour? Votre promesse pouvait bien ne pas tenir la route, mais vous avez néanmoins choisi de la faire. Qu’on se dise les vraies choses. Vous avez remporté votre pari électoral en bon libéral, c’est-à-dire en dupant l’électorat – comme votre prédécesseur libéral, Jean Charest, a réussi à faire à plus d’une reprise pendant son règne. « Ensemble on s’occupe des vraies affaires » était votre slogan électoral. Pourquoi alors n’avez-vous pas choisi la voie de la franchise au lieu de raconter n’importe quoi pendant les élections du printemps dernier? Parce que c’est ainsi qu’on gagne des élections, me direz-vous probablement…

À l’instar de plusieurs de mes concitoyens qui en ont marre de financer contre leur gré cet État tentaculaire qu’est le nôtre, je reconnais d’emblée que le gouvernement du Québec doit faire le ménage, mais il doit aussi le faire dans ses propres rangs, dans ses propres structures, dans ses propres programmes. Tout ce que vous avez fait jusqu’à maintenant, c’est pelleter dans la cour des contribuables, des contribuables qui figurent déjà parmi les plus lourdement imposés et taxés de toutes parts sur le continent. C’est ainsi que vous comptez stimuler notre économie qui tourne au ralenti, en étouffant encore un peu plus cette classe moyenne dont vous prétendez défendre les intérêts?

En véritable vautour, vous vous êtes vite accaparé toute la marge de manœuvre récemment accordée aux familles canadiennes par le Plan d’action économique du gouvernement fédéral. Lorsque j’entends la publicité du gouvernement fédéral vantant que les familles auront dorénavant plus d’argent dans leurs poches, je ne peux m’empêcher de penser « Sauf au Québec… ». Vous avez même l’odieux d’aller gruger dans l’une des très rares baisses de tarifs dont les Québécois devaient bénéficier dès 2016 en haussant la taxe sur l’assurance-automobile alors que la SAAQ a récemment annoncé une baisse de la prime d’assurance-automobile attribuable à l’amélioration considérable du bilan routier au cours des dernières années…

Pendant ce temps, les abus de fonds publics se perpétuent. Juste au cours de la dernière semaine, nous avons appris que la subvention pour le transport d’élèves coûterait 1 M$ en trop et que d’anciens hauts dirigeants de l’Université Laval ont droit à un traitement très généreux bien après qu’ils sont retournés enseigner dans les salles de classe. D’ailleurs, est-il normal qu’un recteur d’université gagne considérablement plus que le premier ministre du Québec pour administrer une université? Ce ne sont que deux petits exemples, M. Couillard, dans une mer de dépenses abusives dont les contribuables font encore les frais alors que vous osez alourdir le fardeau fiscal de familles québécoises qui peinent déjà à boucler leurs fins de mois. En cette fin de session parlementaire, la Coalition avenir Québec chiffre à 1300 $ par année le fardeau de vos mesures d’austérité. François Legault avait raison : mal de bloc pour les Québécois depuis l’élection d’un gouvernement libéral…

Je sais que vous refusez de parler d’austérité, M. Couillard, mais lorsque vous choisissez de piger dans les poches des contribuables pour assainir votre situation budgétaire, vous faites preuve d’austérité, car vos actions se soldent par moins de revenu disponible pour le commun des mortels. Vous qui avez promis de faire les choses différemment, vous faites exactement comme celle et ceux qui vous ont précédé.

Aussi, que dire de certains des ministres que vous avez nommés au début de votre mandat? Je pense d’emblée à votre ministre de l’Éducation, Yves Bolduc, qui ne connaît visiblement rien du ministère important qu’il est censé diriger. Un ministère aussi important que celui de l’Éducation (deuxième poste budgétaire en importance après celui de la Santé) ne devrait pas être un prix de consolation pour remercier un fidèle lieutenant d’avoir accepté de céder sa place à l’opportuniste Gaétan Barrette. Que vous l’avez nommé à ce poste en premier lieu était surprenant; qu’il soit toujours en poste est carrément scandaleux et met en question votre jugement politique. Notre système d’éducation et nos enfants ne méritent-ils pas mieux que M. Bolduc, un homme qui n’a visiblement pas les compétences nécessaires pour être ministre de l’Éducation?

Vous avez beau former un gouvernement majoritaire confortablement aux commandes pour encore plusieurs années, vous perdez rapidement des plumes et de la crédibilité aux yeux de bien des Québécois. Vous-même avez profité du système lorsque vous avez touché votre prime de départ en quittant votre poste de ministre de la Santé alors qu’un emploi bien rémunéré – que vous avez négocié « pendant les heures de bureau – vous attendait dans le privé. Même constat dans le cas de votre fidèle compagnon d’armes, Jean-Marc Fournier, lorsqu’il a quitté en plein mandat pour aller travailler pour SNC Lavalin. Que dire du Dr Bolduc et de sa prime de 215 000 $ comme médecin dans l’opposition… Oui, tout cela était et demeure légal en vertu des lois votées par les parlementaires (souvent pour les parlementaires), mais qu’en est-il de la moralité de telles primes à la lumière des circonstances dans chaque cas et de ce vous imposez maintenant aux Québécois? Deux poids deux mesures, encore une fois…

Ensuite, vous vous attendez à ce que le bon peuple vous regarde aller sans broncher, sans se sentir floué et sans tomber dans le piège d’un cynisme rampant, qui agit tel un cancer sur la crédibilité de nos institutions publiques et de leurs acteurs politiques? Faites amende honorable, prêchez par l’exemple, faites le ménage dans vos propres rangs et peut-être que je serai en mesure de vous croire lorsque vous affirmez que tout ce que vous faites depuis votre entrée en fonctions a pour but de redresser les finances publiques de façon durable pour le mieux-être de mes enfants (et de mes petits-enfants, si j’ai le bonheur d’en avoir un jour). Jusqu’à maintenant, vous échouez le test de la crédibilité…

Sébastien St-François

L’UMQ, PKP et le PLQ

Par chance, les fêtes approchent et nos politiciens et élus de tous acabits nous laisseront tranquilles pendant quelques semaines d’ici peu. On dirait que chaque semaine qui passe apporte son lots d’incidents qui nourrissent le cynisme ambiant, et la semaine dernière n’a pas fait exception.

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L’hypocrisie de l’Union des municipalités du Québec
Quelle hypocrisie de la part de l’UMQ! Jeudi matin dernier, Paul Arcand relatait que l’UMQ a préparé une petite missive que les administrations municipales membres pourront inclure avec les prochains comptes de taxes acheminés aux contribuables pour les informer d’une autre hausse de taxes ou d’une autre réduction de services directement attribuable aux compressions de 300 M$ imposées par Québec pour 2015. Dans son « Écho de la présidence », la présidente de l’UMQ et mairesse de Sainte-Julie, Suzanne Roy, écrit ceci : « Ces compressions importantes feront évidemment très mal et entraîneront des sacrifices importants pour l’ensemble des municipalités au Québec. »

C’était pourtant écrit dans le ciel, contrairement aux affirmations des maires Denis Coderre et Régis Labeaume… Les commissions scolaires ont fait exactement de même en 2013 après que le gouvernement Marois avait éliminé le programme de péréquation mis en place par le gouvernement Charest.

Pourtant, le 5 novembre dernier, Mme Roy déclarait ceci : « Les membres de l’UMQ agissent de façon responsable face à l’état des finances publiques du Québec. Ils feront l’effort demandé, mais s’attendent à ce que ce soit la dernière fois. » C’est ça, agir de façon responsable et faire l’effort demandé? C’est accepter presque avec défaitisme un pacte fiscal imposé par Québec et se fier, pour 2016, à la parole d’un gouvernement qui ne respecte pas ses engagements? Encore une fois, c’est au contribuable qu’on refilera la facture.

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L’ambition de Pierre Karl Péladeau
Quelle surprise, jeudi dernier, quand PKP a annoncé devant un groupe d’étudiants de l’Université de Montréal qu’il sera candidat à la direction du Parti Québécois! Tout le Québec a été pris de court… Si Péladeau devient chef du PQ (au terme d’une course ou par couronnement) et du même coup chef de l’opposition, nous retournerons rapidement à la même vieille rengaine souverainiste-fédéraliste qui sclérose notre société depuis des lunes. Ce sera le perpétuel combat de coqs opposant le grand fédéraliste libéral Philippe Couillard et celui ayant affirmé que son unique objectif est de faire la souveraineté du Québec. Fort de son pouvoir économique, PKP veut maintenant le pouvoir politique pour réaliser son rêve.

Il est évident que plus d’un militant péquiste devra en avaler des couleuvres pour faire de PKP le prochain « sauveur de la cause ». Sur la base d’un sondage laissant voir que Péladeau pourrait battre Couillard aux élections de 2018, les péquistes jetteront leur dévolu sur le magnat des médias québécois dans l’unique espoir qu’il puisse leur décrocher un mandat majoritaire « la prochaine fois ». Mais il ne faut pas perdre de vue l’électeur moyen – souvent peu ou mal informé – que le prochain chef du PQ devra séduire pour tenter de réaliser son objectif politique.

Dans un texte d’opinion publié dans La Presse le 28 novembre dernier, Pierre Simard, professeur à l’ENAP, écrit ceci : « L’électeur moyen n’en a rien à cirer que PKP soit antisyndical une année et prosyndical l’année suivante; qu’il combatte Radio-Canada en janvier et qu’il se porte à sa défense en mai; qu’il dénigre le Bloc le samedi et en fasse l’éloge le lundi. L’électeur est un ignorant rationnel : il n’a ni le temps ni l’intérêt de décortiquer des prises de position aussi étranges. »

Il a parfaitement raison, et c’est là le danger. Plus d’une personne avec laquelle j’ai échangé ne croit pas en la possibilité que Pierre Karl Péladeau réussisse à décrocher un mandat majoritaire en 2018 s’il devient chef du PQ. Détrompons-nous : rien n’est impossible… Plus souvent qu’autrement, l’électeur moyen ne connaît pas grand-chose des enjeux politiques et vote pour une image. Par exemple, le phénomène « Justin » (Trudeau). La popularité d’un candidat ne s’explique plus par les idées qu’il prône et défend, mais réside plutôt en l’image qu’il projette dans des émissions de variétés et d’autres forums de showbiz. Péladeau peaufine son image pour amadouer le public depuis qu’il a fait le saut en politique. Et n’oublions jamais que les politiciens misent sur l’ignorance de « Joe Boîte à lunch » pour se faire élire…

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L’incohérence du Parti libéral du Québec
Bien sûr, au cours de la dernière semaine, nos bons libéraux ont fait leur part pour alimenter le cynisme des Québécois. D’abord, la prétendue réforme des commissions scolaires, dont Yves Bolduc n’est même pas capable de chiffrer les économies potentielles, est de plus en plus ouvertement contestée au sein même des rangs libéraux. Ensuite, la ministre de la Famille, Francine Charbonneau, est partie à la chasse des « places fantômes » dans les CPE. Un projet de loi tellement mal ficelé, déconnecté et irréaliste que Québec doit reculer… Troisièmement, le ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau, a décidé de mettre de l’eau dans son vin après avoir défendu bec et ongle le projet de loi qu’il pilote…

En effet, après avoir tenu tête aux syndicats municipaux pendant des mois dans le dossier du projet de loi 3, le voilà à avoir négocié avec le PQ des modifications faisant notamment en sorte que les contribuables essuieront 55 % des déficits des régimes de retraite municipaux (plutôt que le partage plus équitable 50/50 initialement prévu). Le but premier de ce projet de loi décrié de toutes parts dans les rangs syndicaux et ayant mené au « grand dérangement » de mercredi dernier (un grand échec pour les syndicats, d’ailleurs) était de couper la poire en deux – au nom de l’équité – entre les employés municipaux et les contribuables qui paient leurs généreuses conditions de travail. Pourquoi avoir reculé alors que le gouvernement est majoritaire et que l’opinion publique était pour une fois favorable à un projet de loi libéral?

Nos politiciens se demandent pourquoi nous sommes rendus si cyniques et si peu confiants à leur égard. Ils n’ont pourtant qu’à se regarder aller pour comprendre pourquoi.

Sébastien St-François

Couillard passé en mode Charest 2.0

Premier Jean Charest during presser at Hopital Cité de la Santé.
Lorsqu’il était candidat à la direction du Parti libéral du Québec, Philippe Couillard avait des idées plein la tête. D’ailleurs, dans sa tentative de séduction des membres du PLQ, il a publié un ensemble de propositions dans un recueil intitulé Pour un Parti libéral renouvelé. L’heure était au renouveau d’un branding entaché par neuf ans de pouvoir sous Jean Charest marqués par de multiples allégations de corruption et de collusion. (D’ailleurs, les médias dévoilaient vendredi dernier que l’UPAC s’intéresse maintenant à nul autre que M. Charest. Que ce même parti forme aujourd’hui un gouvernement majoritaire jusqu’en 2018 a quelque chose de surréaliste.)

On peut y lire ceci, dès la première page dudit recueil : « Je vous soumets donc ma vision, […] dans le but de bâtir un Parti au Programme politique renouvelé et au fonctionnement démocratique et participatif plus éthique, compétent et novateur. Un Parti à la fois fidèle à ses valeurs historiques et inscrit dans la modernité, […] et rallie toutes les générations et les régions. » Les intentions sont louables, mais encore faut-il qu’elles se traduisent en actions concrètes. Philippe Couillard s’éloigne de ses engagements avec chaque semaine qui passe et la confiance de la population à son égard s’amenuise déjà beaucoup.

En effet, à regarder aller le PLQ depuis qu’il a été porté au pouvoir en avril dernier, force est de constater que nous sommes très loin des grands énoncés prometteurs de M. Couillard alors qu’il était en mode séduction. J’ai la nette impression que ce que les Québécois ont élu plus tôt cette année n’est rien d’autre qu’un gouvernement Charest 2.0. Pour citer Gilles Proulx, à l’époque où il faisait encore de la radio, c’est un autre ouarnement que les Québécois ont élu en décidant de reconduire les libéraux au pouvoir après seulement 18 mois de purgatoire…

La vision du Parti libéral du Québec pour la société québécoise semble se limiter à se prendre pour le natural governing party auquel devrait revenir d’office le mandat de diriger le Québec. Les libéraux ont soif de pouvoir, tout simplement. Au cours de la dernière campagne électorale, Philippe Couillard a promis mer et monde : 250 000 jobs sur cinq ans, une nouvelle façon de gouverner, une rupture avec le passé, un gouvernement éthique et transparent, l’allègement du fardeau de la classe moyenne et j’en passe… En réalité, Philippe Couillard et ses stratèges ont eu recours à la bonne vieille recette libérale fondée sur la duperie pour reprendre les clés du pouvoir.

Je suis toujours en attente de mesures qui permettront d’alléger le fardeau fiscal des Québécois et de réduire la taille de l’État. Moduler les tarifs de garderie? Cela alourdit le fardeau de certaines familles qui paient déjà beaucoup d’impôts et de taxes de toutes sortes et ouvre tout grand la porte à la modulation d’autres tarifs. Imposer des compressions de 300 M$ aux municipalités pour 2015? Où pensez-vous que les municipalités iront chercher le manque à gagner? Dans nos poches! La vague simili-réforme du réseau des commissions scolaires annoncée la semaine dernière par le flegmatique Yves Bolduc? Le ministre n’a même pas été en mesure de chiffrer les économies qui découleraient de sa prétendue réforme. Et les péquistes peuvent bien s’insurger, ils font pareil lorsqu’ils sont au pouvoir. Rappelez-vous les fusions municipales forcées et les « économies d’échelle » que Louise Harel défendait bec et ongle. On les attend toujours…

Maintenant, la commission présidée par Lucienne Robillard s’apprête à recommander un grand ménage dans les milieux municipal et agricole. Dans sa quête d’atteindre le déficit zéro en 2015-2016, Québec pellette une fois de plus dans la cour des autres. Comment pensez-vous que les municipalités et les agriculteurs combleront leur manque à gagner? En haussant les taxes municipales et le prix des denrées! Rien n’est fait pour réduire la taille de l’État québécois pendant ce temps, et ayez l’assurance que votre facture d’impôt provincial ne baissera pas pour autant. On ne fait que déplacer les problèmes budgétaires ailleurs, mais ce sont toujours les Québécois qui finissent par en payer plus et plus encore.

Il y a un manque criant de leadership politique au Québec, de femmes et d’hommes inspirés d’une réelle vision d’avenir et ayant le courage de lui donner forme pour améliorer le Québec, lui redonner sa fierté et le sortir de son marasme économique et financier. Qu’on soit en accord ou non avec ce qu’ils nous ont légué, les Jean Lesage, Robert Bourassa et René Lévesque de ce monde avaient un projet de société bien concret pour le Québec et leurs projets respectifs ont marqué l’Histoire. On ne peut en dire autant des politiciens ayant gouverné le Québec au cours de l’histoire récente…

En termes de revenu disponible, les Québécois arrivent aujourd’hui au neuvième rang canadien, derrière toutes les provinces sauf l’Île-du-Prince-Édouard et derrière les trois territoires. Voilà le véritable legs des ouarnements des dernières années, qui appliquent tous le même faux remède à nos maux collectifs. Plutôt que réduire la taille de l’État à la mesure de notre capacité de payer collective, vu leur manque de courage politique et de vision, ils se contentent d’en puiser toujours plus dans les poches des contribuables par des mesures détournées (hausses de tarifs et de droits de toutes sortes, pelletage dans la cour d’autres instances ayant un droit de taxation). Personne n’ose s’attaquer au réel problème : un État tentaculaire qu’on n’a plus les moyens collectifs de se payer.

Le Québec a besoin d’un gouvernement. Les Québécois ont besoin d’un leader politique qui aura le courage de donner l’heure juste avant d’être élu plutôt que de promettre n’importe quoi pour se faire élire, qui présentera un plan clair et réaliste à l’électorat et qui est inspiré d’une véritable vision pour remettre le Québec sur les rails. De toute évidence, Philippe Couillard n’est pas ce leader. Le Québec ne peut plus se contenter de demi-mesures, de simulacres de réformes… L’État québécois est trop gros, trop interventionniste et trop gourmand. De nouvelles solutions doivent être envisagées, car le Québécois moyen étouffe, l’économie québécoise souffre et le Québec sombre. L’État providence agonise et une nouvelle génération d’acteurs politiques prêts à mettre fin à ses souffrances se fait cruellement attendre.

Mais pour qu’une nouvelle vision politique puisse naître, prospérer et prendre sa place au Québec, les Québécois ont aussi un rôle à jouer. Tant qu’ils ne seront pas prêts à faire face à la réalité – à reconnaître que le modèle québécois est cassé et que les acteurs traditionnels que sont le PLQ et le PQ font partie du problème plutôt que de la solution –, les ouarnements qui gouvernent sans vision se succéderont et les Québécois continueront à s’appauvrir – individuellement et collectivement.

Sébastien St-François

Rendez-vous référendaire à Boucherville

NCAB_RAPPORT_140708_Images_35__vue_sur_els_2_bassins_Web__2014117152024Source : boucherville.ca

Le lundi 10 novembre, un total de 902 personnes se sont déplacées à l’hôtel de ville pour signer un registre afin de manifester à l’administration municipale leur opposition à un règlement d’emprunt de 34 M$ pour financer un futur complexe aquatique. En vertu de la loi, il fallait 804 signatures pour bloquer ledit règlement d’emprunt.

C’est la deuxième fois depuis l’entrée en fonctions du maire Jean Martel en 2009 que des citoyens se mobilisent pour bloquer un règlement d’emprunt. En effet, en mars 2012, 1047 citoyens s’étaient mobilisés pour bloquer un règlement d’emprunt beaucoup moins élevé concernant l’aménagement d’une piste cyclable entre Boucherville et Saint-Bruno. Dans ce dossier, on connaît la suite. Plus tôt cette année, le maire est revenu à la charge avec le même projet de piste cyclable – cette fois décidant de faire fi de la démocratie en puisant dans les surplus de la Ville pour financer le projet au comptant et ainsi museler toute opposition possible de la part des citoyens. Ainsi est faite la Loi sur les cités et villes, censée protéger les citoyens des municipalités du Québec… J’avais écrit au ministre de l’époque, Sylvain Gaudreault, mais je n’avais eu droit qu’à un accusé de réception laconique en guise de réponse aux doléances exprimées dans ma lettre.

Dans le cas du complexe aquatique, la Ville ne dispose évidemment pas des liquidités nécessaires pour financer le projet au comptant. Donc, le soir même que le résultat de la signature de registre a été connu, le maire a annoncé que son projet fera l’objet d’un référendum en janvier ou février 2015.

Les citoyens ayant signé le registre ont voulu envoyer un message au conseil municipal, mais il y a lieu d’interpréter ce message correctement. Rares sont les Bouchervillois qui ne reconnaissent pas la vétusté de nos installations aquatiques et personne (à ma connaissance) ayant signé le registre ne s’oppose à la mise à niveau de ces installations qui ont vieilli au fil des ans. Là où ça accroche pour les signataires du registre, c’est au niveau du coût du projet proposé par l’administration municipale : 34 M$, c’est sans précédent, et ça ne tient pas compte des inévitables dépassements de coûts qu’on observe dans la vaste majorité des projets publics entrepris ici comme ailleurs. À Boucherville, pensons à des exemples récents comme le Cercle social Pierre-Boucher et le Centre d’arts. Dans un cas comme dans l’autre, le budget initialement annoncé n’a pas été respecté.

Le maire nous explique que nous devons agir rapidement pour ne pas perdre les quelque 10 M$ en subventions octroyées au projet. Il avance que le projet ne coûtera pas 34 M$, mais 24 M$. Il affirme également ceci, rapporté la semaine dernière par le journal La Seigneurie : « On a réussi à baisser la dette afin de se dégager une marge de manœuvre et être capable de réaliser le projet en limitant l’impact sur les comptes de taxes. »

À mon avis, un tel raisonnement ne tient pas la route pour deux raisons. Premièrement, qu’en est-il des autres priorités actuelles et futures de la municipalité? Pensons notamment aux travaux de réfection (voirie et réseau d’égouts). En 2009, notre déficit à cet égard atteignait quelque 40 kilomètres. Depuis 2009, selon le Palmarès des municipalités des HEC Montréal, la croissance annuelle moyenne des dépenses à ces chapitres a baissé de quelque 30 % dans le cas de Boucherville. Cela m’indique que le déficit se creuse depuis cinq ans. Quand on sait combien coûte la réfection complète (surface + souterrain) d’un kilomètre de voirie, nous en avons pour des dizaines de millions de dollars en dépenses prévisibles au cours des prochaines années – juste pour rattraper le retard accusé depuis le début du millénaire. Sachant cela, avons-nous vraiment les moyens de nous payer le complexe aquatique mis de l’avant par Jean Martel?

Deuxièmement, ce n’est pas parce que nous bénéficierions de subventions totalisant environ 10 M$ que nous avons les moyens de ce projet et que le coût définitif du projet se limitera à 34 M$ (24 M$ après subventions). C’est comme si vous aviez des travaux majeurs à faire effectuer sur votre maison. Votre budget est serré et vous devez également remplacer votre voiture. Vous n’en avez pas les moyens, mais vous vous laissez tenter par l’offre d’un vendeur de voitures de luxe, qui vous propose une réduction du prix de quelques milliers de dollars pour vous convaincre à signer… Est-il pour autant responsable de succomber à la tentation si la décision est mise en contexte?

Sur le plan démocratique, la signature du registre aura l’avantage de permettre la tenue d’un débat éclairé sur la question, et le fardeau de la preuve revient maintenant au conseil municipal. En effet, les membres du conseil municipal doivent nous donner toute l’information nécessaire afin que nous puissions nous prononcer sur leur projet en toute connaissance de cause. Les citoyens ont besoin d’obtenir les réponses à toutes leurs questions afin d’être en mesure de prendre une décision éclairée sur le bien-fondé d’investir autant d’argent dans un seul projet.

Quelques questions me viennent spontanément à l’esprit :

  1. En quoi ce projet (comprenons-nous bien, pas une mise à niveau de la piscine, mais le projet de 34 M$+ actuellement proposé par l’administration) est-il absolument nécessaire pour la population de Boucherville? Pourquoi un projet plus modeste et moins coûteux n’a-t-il pas été envisagé?
  2. En quoi ce projet est-il prioritaire et s’il allait de l’avant, quelle serait l’incidence sur la capacité de la Ville à financer adéquatement d’autres travaux prioritaires sans alourdir indûment le fardeau fiscal des contribuables?
  3. En quoi ce projet serait-il rentable pour Boucherville et sa population? Autrement dit, en avons-nous vraiment les moyens et quelle serait l’incidence (chiffrée) sur nos comptes de taxes futurs? L’information vague fournie par le maire à ce propos ne me satisfait pas.

Ce sera donc un dossier à suivre de près au cours des semaines et des mois à venir, et tout un chacun doit s’assurer d’avoir en main toute l’information pertinente et nécessaire pour prendre la décision la plus judicieuse qui soit en tenant compte de notre capacité de payer collective et des autres priorités de notre municipalité. Deux choix sont possibles : on accepte le grandiose projet qui nous est proposé ou on demande au conseil municipal de refaire ses devoirs et de nous revenir avec un nouveau projet plus modeste et donc d’une facture plus raisonnable.

Sébastien St-François

Même moule cassé, même bon peuple dupé

Photos_Communiques_V2Source : plq.org

On dit que six mois en politique, c’est une éternité. C’est vrai… Le 7 avril 2014 est bien loin dans mon esprit, le gouvernement Marois, encore plus. Mais alors? Le Québec a-t-il réellement progressé au cours des six derniers mois? En campagne électorale le printemps dernier, Philippe Couillard et ses sbires nous promettaient mer et monde. Par exemple, la création de 250 000 emplois sur cinq ans. Or, dans les faits, l’« effet libéral » en matière de création d’emplois se fait toujours attendre. Il s’est perdu 30 100 emplois à temps plein en octobre, ce qui porte le bilan depuis l’arrivée des libéraux au pouvoir à -82 000 emplois. Alors que le taux de chômage a baissé dans le ROC et s’établit maintenant à 6,5 %, il a progressé de 0,1 % et se chiffre dorénavant à 7,7 % au Québec.

Dans son obsession à court terme d’atteindre l’équilibre budgétaire en 2015-2016 (tout indique que ce sont déjà les agences de notation qui dirigent le Québec et que Philippe Couillard n’est qu’une vulgaire marionnette à leur commande…), le gouvernement libéral – ne voulant/pouvant pas hausser directement le fardeau des familles québécoises – s’apprête à confier à d’autres acteurs sociaux l’odieuse mission d’en soutirer encore plus des poches de celles et ceux qui n’en ont plus à donner sans compromettre leur propre équilibre budgétaire – souvent très précaire. Pensons notamment aux 300 M$ en compressions imposées aux municipalités pour 2015 (préparez-vous à une autre hausse de votre compte de taxes municipales) et à la modulation des tarifs de services de garde (alors que l’impôt qui finance le gros de ce système est déjà modulé en fonction du revenu) à compter du 1er avril prochain.

Mais qu’en est-il du long terme? La réduction de la dette provinciale (qui a monté en flèche sous le règne de Jean Charest), le ménage dans les régimes de retraite relevant directement de Québec (déficit accumulé de 77 G$), une refonte en profondeur du système des commissions scolaires pour diriger un maximum d’argent vers les services directs aux élèves (que des engagements vagues de notre bon ministre de l’Éducation, le controversé [pour rester poli] Yves Bolduc)? Rien. Jusqu’à maintenant, le grand ménage promis par Philippe Couillard semble se limiter à la bonne vieille recette que libéraux et péquistes utilisent depuis des lunes : pelleter ailleurs, puis le CONtribuable assumera la facture sous une forme ou une autre. Très décevant, mais prévisible en réélisant un « bon gouvernement libéral »…

De toute évidence, le bon vieux moule que les premiers ministres se lèguent depuis des décennies a trouvé preneur en avril dernier. Les Québécois se sont fait promettre un gouvernement Couillard 1.0 – résolu à remettre de l’ordre dans l’État québécois – et ils ont mordu massivement à l’hameçon, dans leur désir de se débarrasser d’un gouvernement péquiste qui n’allait nulle part. Tout indique que les Québécois ont encore une fois été dupés par un « vieux » parti et ses promesses creuses. En effet, ce qui nous gouverne depuis avril dernier n’est rien d’autre qu’un gouvernement Charest 2.0. Manquant le courage politique nécessaire pour effectuer de réelles coupes dans l’État tentaculaire sans cesse grandissant et envahissant dans la Belle Province, le gouvernement Couillard se contente de répéter la recette du gouvernement Charest des années 2003 à 2012 : on alourdit le fardeau fiscal de la masse en passant par la porte d’en arrière… On confie à d’autres intervenants (municipalités, CPE, sociétés d’État comme Hydro-Québec) l’odieuse tâche d’en puiser encore plus dans nos poches.

Je n’ai pas voté pour le candidat libéral dans ma circonscription aux dernières élections. Je suis néanmoins pris à vivre avec la décision de la majorité jusqu’en 2018. Ainsi va la démocratie. Mais, de toute évidence, le moule est cassé. Que les péquistes ou les libéraux soient aux commandes de la province, le Québec s’appauvrit d’année en année, tout comme les Québécois à force de se faire ponctionner le porte-monnaie par un État qui leur en demande toujours plus sans leur donner une qualité de services à laquelle ils sont en droit de s’attendre pour leur argent.

C’est bien plate à dire, mais le Québec et les Québécois continueront à s’appauvrir tant et aussi longtemps que les vieux partis s’échangeront le pouvoir. Et le PQ et le PLQ nous montrent de quel bois ils se chauffent et des résultats dont ils sont capables depuis des décennies. Peu importe qui est à la tête de ces partis aux idéologies d’une époque révolue, le résultat est le même : la province continue à sombrer dans la dèche et les réels problèmes ne se règlent pas. Au contraire, ils s’empirent, car on continue de les pelleter dans la cour des générations qui nous suivront : finances publiques, santé, éducation, justice… Pendant combien de temps encore pouvons-nous réellement confier le pouvoir à des acteurs politiques qui s’entêtent à faire usage d’un moule qui est caduque? Pis encore, d’élection en élection, une majorité suffisante continue à fonder tous ses espoirs dans l’un ou l’autre de ces vieux partis.

Les prochaines élections n’auront pas lieu avant 2018. En ayant recours une fois de plus à la duperie, le PLQ s’est confortablement installé au pouvoir pour un mandat de quatre ans et demi. Ce mandat est très mal parti si les Québécois pensaient avoir élu un parti qui ferait enfin le grand ménage nécessaire pour tenter d’éviter « le mur » ou – du moins – le heurter moins violemment. Tout indique que nous aurons plutôt droit à une facture fiscale encore plus lourde et que les vrais problèmes demeureront entiers à la fin du mandat en cours.

Les libéraux nous démontrent encore une fois que, tant que nous nous contenterons du vieux moule que les gouvernements qui se succèdent utilisent depuis maintenant trop longtemps, la recette sera la même : le Québécois moyen paiera de plus en plus cher pour les services publics, le Québec demeurera lourdement endetté et pauvre, et les générations qui nous succéderont – nos enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants – ne l’auront pas facile, hypothéquées leur vie durant en raison des choix et du manque de courage politique des deux partis qui s’échangent le pouvoir depuis la Révolution tranquille.

En 2018, ça nous prend un nouveau moule, de nouveaux acteurs politiques et une nouvelle vision de ce qu’est l’État si nous voulons avoir une chance de sauver ce qui reste du Québec. Surtout, il faudra qu’une majorité d’électeurs se rendent compte que le vieux moule usé ne fonctionne plus et que les vieux partis ont échoué à rompre avec la tradition ayant mené à la situation actuelle…

Sébastien St-François

Boucherville a perdu le sens des priorités

annonce_budget_groupe_17dec2014_media_WEB_20131218909Source : boucherville.ca

Je suis de ceux qui signeront le registre à l’hôtel de ville le lundi 10 novembre pour m’opposer au règlement d’emprunt de 34 M$ pour financer le projet de complexe aquatique du maire Jean Martel.

Pourtant, je suis favorable à l’aménagement d’une nouvelle piscine, car notre piscine municipale est une véritable honte. Chaque fois que j’accompagne mon fils à ses cours de natation hebdomadaires, je n’en reviens pas combien cette installation est rendue vétuste, non hygiénique et j’en passe…

Par contre, un moment donné, il faut avoir le sens des priorités. Selon le Palmarès des municipalités dressé par HEC Montréal, Boucherville se classe au 652e rang sur 766 municipalités à l’échelle provinciale (au 22e rang sur 24 pour ce qui est des municipalités de 25 000 à 49 999 habitants). Le panier de services y coûte 42,9 % plus cher que dans les municipalités de même taille. Entre 2009 et 2012 (premier mandat de Jean Martel), la croissance annuelle moyenne des coûts de voirie par kilomètre et des coûts du réseau d’égout par kilomètre de conduite a baissé de 30,3 % et de 27,36 % respectivement. Cela m’indique que nous accusons de plus en plus de retard dans la réfection de nos infrastructures routières et souterraines – pourtant une priorité absolue quelle que soit la municipalité.

Quant au projet de complexe aquatique du maire, il y a déjà eu dépassement des coûts d’architecture de l’ordre de 25 %. Dans le passé, plusieurs des projets chers à notre maire ont coûté plus cher qu’annoncé : pensons au Cercle social Pierre-Boucher et au Centre d’arts (projet non encore terminé en raison de moult problèmes). Je suis donc peu confiant que l’enveloppe de 34 M$ pour le complexe aquatique soit respectée à terme.

Boucherville compte 42 000 âmes et environ 15 000 contribuables. À mon avis, un projet de 34 M$ – même en tenant compte de subventions de l’ordre de 10 M$ selon l’administration municipale – dépasse la capacité de payer de notre population si nous tenons compte de toutes les autres priorités qui sont actuellement négligées pour des raisons politiques. Oui, ça nous prend de nouvelles installations aquatiques, mais le projet du maire est trop ambitieux pour nos moyens. Le déficit d’entretien de nos infrastructures s’alourdit (tôt ou tard, ça va finir par nous « péter dans la face ») et Québec vient d’imposer des compressions de l’ordre de 300 M$ pour 2015. Il y aura nécessairement un manque à gagner…

Malgré les paroles réconfortantes de notre maire et de son responsable des finances (Dominic Lévesque), ça ne va pas si bien que cela à Boucherville si on se fie au palmarès de HEC Montréal. Je vais donc m’opposer au règlement d’emprunt pour le complexe aquatique et demander au conseil municipal de refaire ses devoirs.

La gestion des deniers publics est responsable et rigoureuse à Boucherville? Permettez-moi d’entretenir mes doutes…

Sébastien St-François