Monde municipal : une refonte en profondeur s’impose

B4rUnj3IQAA-UYN.jpg largeSource : tvrs.ca

Le diable est aux vaches dans le monde municipal. Après avoir soulevé l’ire des syndiqués municipaux en faisant adopter son projet de loi 3 sur les régimes de retraite, le ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau, s’est attiré les foudres des élus municipaux la semaine dernière en fustigeant publiquement la mairesse de Longueuil, Caroline St-Hilaire, et le maire de Laval, Marc Demers. Le ministre juge les hausses de taxes décrétées par ces derniers exagérées et menace les fautifs de sanctions. Qui a raison, qui a tort? Il est difficile d’imputer l’entièreté du blâme à l’une ou l’autre des parties, mais une chose est certaine : c’est toujours le contribuable qui finit par payer… Dans ce texte, je vais me concentrer sur la situation de l’agglomération de Longueuil étant donné que j’y habite. Cependant, mes commentaires s’appliquent à la grandeur du Québec.

Dans ce débat, il faut garder à l’esprit une prémisse de base : les employés municipaux sont les fonctionnaires les mieux payés au Québec. En fait, ils gagnent près de 40 % de plus que leurs homologues provinciaux. Ce sont les contribuables qui font les frais de ces conditions de travail extrêmement généreuses. Par exemple, à Boucherville – municipalité de 42 000 âmes que j’habite depuis 1977 –, le directeur général de la Ville reçoit des émoluments et avantages sociaux qui frôlent, voire dépassent, les 200 000 $ – sans parler du régime de retraite doré qui l’attend quand il tirera sa révérence. Raisonnable pour ce que certains qualifieront de « ville dortoir »? La masse salariale des municipalités est très élevé. Viennent ensuite les projets de toutes sortes qui sont chers à nos élus. Toujours à Boucherville, c’est par millions que l’argent des contribuables se dépense sur des projets très accessoires dans le contexte actuel. Et, dans le cas de ma ville, ces projets sont souvent payés au comptant afin de museler les citoyens contestataires. Il faut savoir qu’en vertu de la Loi sur les cités et villes, les élus peuvent dépenser les surplus comme bon leur semble sans que les citoyens puissent s’y opposer. Est-ce normal dans un système qui se veut et se dit démocratique?

Pendant ce temps, le déficit d’entretien de nos infrastructures publiques se creuse d’année en année. Chez nous, le service du génie prône la réfection complète (conduites d’aqueduc et d’égout, fondation et chaussée) d’un minimum de cinq kilomètres de rues annuellement. Or, d’après les chiffres que j’ai obtenus de la direction du greffe de la Ville de Boucherville, sur une période de six ans (de 2009 à 2014 inclusivement), très exactement 14,678 kilomètres ont été refaits. Ce déficit de 15,322 kilomètres s’ajoute à celui d’environ 40 kilomètres qui existait au début de 2009. Quand on sait combien coûte la réfection complète d’un mètre linéaire de rue, c’est une facture totalisant des dizaines de millions de dollars qui se monte sous nos pieds. Et le cas de Boucherville est loin d’être un cas d’espèce; l’ensemble des municipalités du Québec accusent un déficit à ce chapitre.

Vient ensuite la situation de l’agglomération de Longueuil. En 2016, ce monstre bureaucratique « fêtera » ses dix années d’existence. Cette structure qu’est l’agglomération coûte de plus en plus cher aux contribuables qui la financent. Pour 2015, son budget s’établit à 334,5 M$, en hausse de 1,9 % par rapport à 2014. Cette nouvelle hausse s’ajoute à des hausses annuelles souvent supérieures à l’inflation depuis 2006. Pour Boucherville, cela se traduit par une quote-part de 47,5 M$, en hausse de 2,9 % par rapport à 2014.

Jeudi dernier, trois des quatre maires des villes liées à Longueuil (Boucherville, Brossard, Saint-Bruno et Saint-Lambert) ont fait une sortie publique pour dénoncer le manque de transparence dont ils se jugent victimes. Ces trois maires, dont Martin Murray de Saint-Bruno qui est comptable de formation, avancent que le partage des dépenses mixtes entre la ville centre (Longueuil) et les villes liées serait illégal et aurait coûté aux contribuables de ces dernières 40 M$ en sept ans. Si je reviens à l’exemple de Boucherville, alors que nous ne représentons qu’environ 10 % de la population de l’agglomération, la quote-part que nous devons verser annuellement aux coffres de l’agglo a souvent dépassé les 15 %. C’est ça, l’équité en matière de fiscalité municipale?

Étonnamment, le maire de Boucherville, Jean Martel, a décidé d’aller à l’encontre de ses trois homologues et a plutôt permis l’adoption du budget 2015 de l’agglomération. Pour justifier sa décision de se ranger une fois de plus derrière Longueuil, il invoque que l’agglomération fonctionne et permet de belles réalisations, comme les Jeux du Québec. Oui, elle fonctionne, mais à quel prix? En prenant le parti de la mairesse St-Hilaire, j’en conclus donc que Jean Martel ne reconnaît pas l’iniquité dont ses concitoyens sont victimes et juge parfaitement normal que les contribuables de Boucherville essuient des hausses de leur fardeau fiscal imputables au fonctionnement de l’agglomération de Longueuil qui sont plus souvent qu’autrement supérieures à l’inflation. Je trouve cela bien désolant venant d’un maire qui dit prôner une « taxation limitée et responsable » depuis qu’il est en poste. Quant on sait que la quote-part représente annuellement environ 45 % du montant (après impôt) que les contribuables doivent payer en taxes municipales à la Ville, on est en droit de s’attendre à ce que le maire prenne le parti des citoyens dont il est censé défendre les intérêts plutôt que celui d’une mairesse somme toute assez dépensière.

Alors, entre le ministre Pierre Moreau et la mairesse St-Hilaire, qui croire? Certes, Mme St-Hilaire a parfaitement raison lorsqu’elle déclare que les élus municipaux ont la légitimité démocratique de gérer leur ville et que c’est aux citoyens qu’ils représentent de juger de leur rendement. Par contre, M. Moreau a tout autant raison d’affirmer que les municipalités disposent d’une évaluation foncière qui augmente, qu’elles dégagent des surplus (parfois énormes) et que la croissance de leurs dépenses augmente – tout comme leur assiette fiscale. Pour le contribuable, ce débat aboutit plus souvent qu’autrement au même résultat : un compte de taxes qui ne cesse d’augmenter et qui représente un fardeau de plus en plus lourd.

Une chose demeure certaine. Comme ce fut le cas avec les commissions scolaires en 2013 sous le gouvernement Marois, peu importe qui remporte ce bras de fer politique entre Québec et les municipalités, c’est au contribuable municipal qu’on refilera une fois de plus la note. Et c’est pour cette raison qu’une refonte en profondeur du fonctionnement et des priorités de nos municipalités s’impose. Il est temps de faire le ménage et d’arrêter de pelleter dans la cour des contribuables.

Sébastien St-François

J’aimerais bien vous croire, mais…

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« Le chemin qui reste à faire ne sera pas fait par les citoyens. Il sera fait par le gouvernement dans son périmètre de dépenses. » M. Couillard, j’aimerais bien vous croire, mais vous n’êtes pas crédible. Comment puis-je croire quelqu’un qui s’était engagé formellement en campagne électorale à ne pas hausser les tarifs de garderie plus que l’inflation, après avoir décrié la hausse à 9 $ prévue par le PQ, pour ensuite annoncer que ces tarifs seront dorénavant modulés jusqu’à hauteur de 20 $ par jour? Votre promesse pouvait bien ne pas tenir la route, mais vous avez néanmoins choisi de la faire. Qu’on se dise les vraies choses. Vous avez remporté votre pari électoral en bon libéral, c’est-à-dire en dupant l’électorat – comme votre prédécesseur libéral, Jean Charest, a réussi à faire à plus d’une reprise pendant son règne. « Ensemble on s’occupe des vraies affaires » était votre slogan électoral. Pourquoi alors n’avez-vous pas choisi la voie de la franchise au lieu de raconter n’importe quoi pendant les élections du printemps dernier? Parce que c’est ainsi qu’on gagne des élections, me direz-vous probablement…

À l’instar de plusieurs de mes concitoyens qui en ont marre de financer contre leur gré cet État tentaculaire qu’est le nôtre, je reconnais d’emblée que le gouvernement du Québec doit faire le ménage, mais il doit aussi le faire dans ses propres rangs, dans ses propres structures, dans ses propres programmes. Tout ce que vous avez fait jusqu’à maintenant, c’est pelleter dans la cour des contribuables, des contribuables qui figurent déjà parmi les plus lourdement imposés et taxés de toutes parts sur le continent. C’est ainsi que vous comptez stimuler notre économie qui tourne au ralenti, en étouffant encore un peu plus cette classe moyenne dont vous prétendez défendre les intérêts?

En véritable vautour, vous vous êtes vite accaparé toute la marge de manœuvre récemment accordée aux familles canadiennes par le Plan d’action économique du gouvernement fédéral. Lorsque j’entends la publicité du gouvernement fédéral vantant que les familles auront dorénavant plus d’argent dans leurs poches, je ne peux m’empêcher de penser « Sauf au Québec… ». Vous avez même l’odieux d’aller gruger dans l’une des très rares baisses de tarifs dont les Québécois devaient bénéficier dès 2016 en haussant la taxe sur l’assurance-automobile alors que la SAAQ a récemment annoncé une baisse de la prime d’assurance-automobile attribuable à l’amélioration considérable du bilan routier au cours des dernières années…

Pendant ce temps, les abus de fonds publics se perpétuent. Juste au cours de la dernière semaine, nous avons appris que la subvention pour le transport d’élèves coûterait 1 M$ en trop et que d’anciens hauts dirigeants de l’Université Laval ont droit à un traitement très généreux bien après qu’ils sont retournés enseigner dans les salles de classe. D’ailleurs, est-il normal qu’un recteur d’université gagne considérablement plus que le premier ministre du Québec pour administrer une université? Ce ne sont que deux petits exemples, M. Couillard, dans une mer de dépenses abusives dont les contribuables font encore les frais alors que vous osez alourdir le fardeau fiscal de familles québécoises qui peinent déjà à boucler leurs fins de mois. En cette fin de session parlementaire, la Coalition avenir Québec chiffre à 1300 $ par année le fardeau de vos mesures d’austérité. François Legault avait raison : mal de bloc pour les Québécois depuis l’élection d’un gouvernement libéral…

Je sais que vous refusez de parler d’austérité, M. Couillard, mais lorsque vous choisissez de piger dans les poches des contribuables pour assainir votre situation budgétaire, vous faites preuve d’austérité, car vos actions se soldent par moins de revenu disponible pour le commun des mortels. Vous qui avez promis de faire les choses différemment, vous faites exactement comme celle et ceux qui vous ont précédé.

Aussi, que dire de certains des ministres que vous avez nommés au début de votre mandat? Je pense d’emblée à votre ministre de l’Éducation, Yves Bolduc, qui ne connaît visiblement rien du ministère important qu’il est censé diriger. Un ministère aussi important que celui de l’Éducation (deuxième poste budgétaire en importance après celui de la Santé) ne devrait pas être un prix de consolation pour remercier un fidèle lieutenant d’avoir accepté de céder sa place à l’opportuniste Gaétan Barrette. Que vous l’avez nommé à ce poste en premier lieu était surprenant; qu’il soit toujours en poste est carrément scandaleux et met en question votre jugement politique. Notre système d’éducation et nos enfants ne méritent-ils pas mieux que M. Bolduc, un homme qui n’a visiblement pas les compétences nécessaires pour être ministre de l’Éducation?

Vous avez beau former un gouvernement majoritaire confortablement aux commandes pour encore plusieurs années, vous perdez rapidement des plumes et de la crédibilité aux yeux de bien des Québécois. Vous-même avez profité du système lorsque vous avez touché votre prime de départ en quittant votre poste de ministre de la Santé alors qu’un emploi bien rémunéré – que vous avez négocié « pendant les heures de bureau – vous attendait dans le privé. Même constat dans le cas de votre fidèle compagnon d’armes, Jean-Marc Fournier, lorsqu’il a quitté en plein mandat pour aller travailler pour SNC Lavalin. Que dire du Dr Bolduc et de sa prime de 215 000 $ comme médecin dans l’opposition… Oui, tout cela était et demeure légal en vertu des lois votées par les parlementaires (souvent pour les parlementaires), mais qu’en est-il de la moralité de telles primes à la lumière des circonstances dans chaque cas et de ce vous imposez maintenant aux Québécois? Deux poids deux mesures, encore une fois…

Ensuite, vous vous attendez à ce que le bon peuple vous regarde aller sans broncher, sans se sentir floué et sans tomber dans le piège d’un cynisme rampant, qui agit tel un cancer sur la crédibilité de nos institutions publiques et de leurs acteurs politiques? Faites amende honorable, prêchez par l’exemple, faites le ménage dans vos propres rangs et peut-être que je serai en mesure de vous croire lorsque vous affirmez que tout ce que vous faites depuis votre entrée en fonctions a pour but de redresser les finances publiques de façon durable pour le mieux-être de mes enfants (et de mes petits-enfants, si j’ai le bonheur d’en avoir un jour). Jusqu’à maintenant, vous échouez le test de la crédibilité…

Sébastien St-François

L’UMQ, PKP et le PLQ

Par chance, les fêtes approchent et nos politiciens et élus de tous acabits nous laisseront tranquilles pendant quelques semaines d’ici peu. On dirait que chaque semaine qui passe apporte son lots d’incidents qui nourrissent le cynisme ambiant, et la semaine dernière n’a pas fait exception.

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L’hypocrisie de l’Union des municipalités du Québec
Quelle hypocrisie de la part de l’UMQ! Jeudi matin dernier, Paul Arcand relatait que l’UMQ a préparé une petite missive que les administrations municipales membres pourront inclure avec les prochains comptes de taxes acheminés aux contribuables pour les informer d’une autre hausse de taxes ou d’une autre réduction de services directement attribuable aux compressions de 300 M$ imposées par Québec pour 2015. Dans son « Écho de la présidence », la présidente de l’UMQ et mairesse de Sainte-Julie, Suzanne Roy, écrit ceci : « Ces compressions importantes feront évidemment très mal et entraîneront des sacrifices importants pour l’ensemble des municipalités au Québec. »

C’était pourtant écrit dans le ciel, contrairement aux affirmations des maires Denis Coderre et Régis Labeaume… Les commissions scolaires ont fait exactement de même en 2013 après que le gouvernement Marois avait éliminé le programme de péréquation mis en place par le gouvernement Charest.

Pourtant, le 5 novembre dernier, Mme Roy déclarait ceci : « Les membres de l’UMQ agissent de façon responsable face à l’état des finances publiques du Québec. Ils feront l’effort demandé, mais s’attendent à ce que ce soit la dernière fois. » C’est ça, agir de façon responsable et faire l’effort demandé? C’est accepter presque avec défaitisme un pacte fiscal imposé par Québec et se fier, pour 2016, à la parole d’un gouvernement qui ne respecte pas ses engagements? Encore une fois, c’est au contribuable qu’on refilera la facture.

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L’ambition de Pierre Karl Péladeau
Quelle surprise, jeudi dernier, quand PKP a annoncé devant un groupe d’étudiants de l’Université de Montréal qu’il sera candidat à la direction du Parti Québécois! Tout le Québec a été pris de court… Si Péladeau devient chef du PQ (au terme d’une course ou par couronnement) et du même coup chef de l’opposition, nous retournerons rapidement à la même vieille rengaine souverainiste-fédéraliste qui sclérose notre société depuis des lunes. Ce sera le perpétuel combat de coqs opposant le grand fédéraliste libéral Philippe Couillard et celui ayant affirmé que son unique objectif est de faire la souveraineté du Québec. Fort de son pouvoir économique, PKP veut maintenant le pouvoir politique pour réaliser son rêve.

Il est évident que plus d’un militant péquiste devra en avaler des couleuvres pour faire de PKP le prochain « sauveur de la cause ». Sur la base d’un sondage laissant voir que Péladeau pourrait battre Couillard aux élections de 2018, les péquistes jetteront leur dévolu sur le magnat des médias québécois dans l’unique espoir qu’il puisse leur décrocher un mandat majoritaire « la prochaine fois ». Mais il ne faut pas perdre de vue l’électeur moyen – souvent peu ou mal informé – que le prochain chef du PQ devra séduire pour tenter de réaliser son objectif politique.

Dans un texte d’opinion publié dans La Presse le 28 novembre dernier, Pierre Simard, professeur à l’ENAP, écrit ceci : « L’électeur moyen n’en a rien à cirer que PKP soit antisyndical une année et prosyndical l’année suivante; qu’il combatte Radio-Canada en janvier et qu’il se porte à sa défense en mai; qu’il dénigre le Bloc le samedi et en fasse l’éloge le lundi. L’électeur est un ignorant rationnel : il n’a ni le temps ni l’intérêt de décortiquer des prises de position aussi étranges. »

Il a parfaitement raison, et c’est là le danger. Plus d’une personne avec laquelle j’ai échangé ne croit pas en la possibilité que Pierre Karl Péladeau réussisse à décrocher un mandat majoritaire en 2018 s’il devient chef du PQ. Détrompons-nous : rien n’est impossible… Plus souvent qu’autrement, l’électeur moyen ne connaît pas grand-chose des enjeux politiques et vote pour une image. Par exemple, le phénomène « Justin » (Trudeau). La popularité d’un candidat ne s’explique plus par les idées qu’il prône et défend, mais réside plutôt en l’image qu’il projette dans des émissions de variétés et d’autres forums de showbiz. Péladeau peaufine son image pour amadouer le public depuis qu’il a fait le saut en politique. Et n’oublions jamais que les politiciens misent sur l’ignorance de « Joe Boîte à lunch » pour se faire élire…

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L’incohérence du Parti libéral du Québec
Bien sûr, au cours de la dernière semaine, nos bons libéraux ont fait leur part pour alimenter le cynisme des Québécois. D’abord, la prétendue réforme des commissions scolaires, dont Yves Bolduc n’est même pas capable de chiffrer les économies potentielles, est de plus en plus ouvertement contestée au sein même des rangs libéraux. Ensuite, la ministre de la Famille, Francine Charbonneau, est partie à la chasse des « places fantômes » dans les CPE. Un projet de loi tellement mal ficelé, déconnecté et irréaliste que Québec doit reculer… Troisièmement, le ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau, a décidé de mettre de l’eau dans son vin après avoir défendu bec et ongle le projet de loi qu’il pilote…

En effet, après avoir tenu tête aux syndicats municipaux pendant des mois dans le dossier du projet de loi 3, le voilà à avoir négocié avec le PQ des modifications faisant notamment en sorte que les contribuables essuieront 55 % des déficits des régimes de retraite municipaux (plutôt que le partage plus équitable 50/50 initialement prévu). Le but premier de ce projet de loi décrié de toutes parts dans les rangs syndicaux et ayant mené au « grand dérangement » de mercredi dernier (un grand échec pour les syndicats, d’ailleurs) était de couper la poire en deux – au nom de l’équité – entre les employés municipaux et les contribuables qui paient leurs généreuses conditions de travail. Pourquoi avoir reculé alors que le gouvernement est majoritaire et que l’opinion publique était pour une fois favorable à un projet de loi libéral?

Nos politiciens se demandent pourquoi nous sommes rendus si cyniques et si peu confiants à leur égard. Ils n’ont pourtant qu’à se regarder aller pour comprendre pourquoi.

Sébastien St-François

Couillard passé en mode Charest 2.0

Premier Jean Charest during presser at Hopital Cité de la Santé.
Lorsqu’il était candidat à la direction du Parti libéral du Québec, Philippe Couillard avait des idées plein la tête. D’ailleurs, dans sa tentative de séduction des membres du PLQ, il a publié un ensemble de propositions dans un recueil intitulé Pour un Parti libéral renouvelé. L’heure était au renouveau d’un branding entaché par neuf ans de pouvoir sous Jean Charest marqués par de multiples allégations de corruption et de collusion. (D’ailleurs, les médias dévoilaient vendredi dernier que l’UPAC s’intéresse maintenant à nul autre que M. Charest. Que ce même parti forme aujourd’hui un gouvernement majoritaire jusqu’en 2018 a quelque chose de surréaliste.)

On peut y lire ceci, dès la première page dudit recueil : « Je vous soumets donc ma vision, […] dans le but de bâtir un Parti au Programme politique renouvelé et au fonctionnement démocratique et participatif plus éthique, compétent et novateur. Un Parti à la fois fidèle à ses valeurs historiques et inscrit dans la modernité, […] et rallie toutes les générations et les régions. » Les intentions sont louables, mais encore faut-il qu’elles se traduisent en actions concrètes. Philippe Couillard s’éloigne de ses engagements avec chaque semaine qui passe et la confiance de la population à son égard s’amenuise déjà beaucoup.

En effet, à regarder aller le PLQ depuis qu’il a été porté au pouvoir en avril dernier, force est de constater que nous sommes très loin des grands énoncés prometteurs de M. Couillard alors qu’il était en mode séduction. J’ai la nette impression que ce que les Québécois ont élu plus tôt cette année n’est rien d’autre qu’un gouvernement Charest 2.0. Pour citer Gilles Proulx, à l’époque où il faisait encore de la radio, c’est un autre ouarnement que les Québécois ont élu en décidant de reconduire les libéraux au pouvoir après seulement 18 mois de purgatoire…

La vision du Parti libéral du Québec pour la société québécoise semble se limiter à se prendre pour le natural governing party auquel devrait revenir d’office le mandat de diriger le Québec. Les libéraux ont soif de pouvoir, tout simplement. Au cours de la dernière campagne électorale, Philippe Couillard a promis mer et monde : 250 000 jobs sur cinq ans, une nouvelle façon de gouverner, une rupture avec le passé, un gouvernement éthique et transparent, l’allègement du fardeau de la classe moyenne et j’en passe… En réalité, Philippe Couillard et ses stratèges ont eu recours à la bonne vieille recette libérale fondée sur la duperie pour reprendre les clés du pouvoir.

Je suis toujours en attente de mesures qui permettront d’alléger le fardeau fiscal des Québécois et de réduire la taille de l’État. Moduler les tarifs de garderie? Cela alourdit le fardeau de certaines familles qui paient déjà beaucoup d’impôts et de taxes de toutes sortes et ouvre tout grand la porte à la modulation d’autres tarifs. Imposer des compressions de 300 M$ aux municipalités pour 2015? Où pensez-vous que les municipalités iront chercher le manque à gagner? Dans nos poches! La vague simili-réforme du réseau des commissions scolaires annoncée la semaine dernière par le flegmatique Yves Bolduc? Le ministre n’a même pas été en mesure de chiffrer les économies qui découleraient de sa prétendue réforme. Et les péquistes peuvent bien s’insurger, ils font pareil lorsqu’ils sont au pouvoir. Rappelez-vous les fusions municipales forcées et les « économies d’échelle » que Louise Harel défendait bec et ongle. On les attend toujours…

Maintenant, la commission présidée par Lucienne Robillard s’apprête à recommander un grand ménage dans les milieux municipal et agricole. Dans sa quête d’atteindre le déficit zéro en 2015-2016, Québec pellette une fois de plus dans la cour des autres. Comment pensez-vous que les municipalités et les agriculteurs combleront leur manque à gagner? En haussant les taxes municipales et le prix des denrées! Rien n’est fait pour réduire la taille de l’État québécois pendant ce temps, et ayez l’assurance que votre facture d’impôt provincial ne baissera pas pour autant. On ne fait que déplacer les problèmes budgétaires ailleurs, mais ce sont toujours les Québécois qui finissent par en payer plus et plus encore.

Il y a un manque criant de leadership politique au Québec, de femmes et d’hommes inspirés d’une réelle vision d’avenir et ayant le courage de lui donner forme pour améliorer le Québec, lui redonner sa fierté et le sortir de son marasme économique et financier. Qu’on soit en accord ou non avec ce qu’ils nous ont légué, les Jean Lesage, Robert Bourassa et René Lévesque de ce monde avaient un projet de société bien concret pour le Québec et leurs projets respectifs ont marqué l’Histoire. On ne peut en dire autant des politiciens ayant gouverné le Québec au cours de l’histoire récente…

En termes de revenu disponible, les Québécois arrivent aujourd’hui au neuvième rang canadien, derrière toutes les provinces sauf l’Île-du-Prince-Édouard et derrière les trois territoires. Voilà le véritable legs des ouarnements des dernières années, qui appliquent tous le même faux remède à nos maux collectifs. Plutôt que réduire la taille de l’État à la mesure de notre capacité de payer collective, vu leur manque de courage politique et de vision, ils se contentent d’en puiser toujours plus dans les poches des contribuables par des mesures détournées (hausses de tarifs et de droits de toutes sortes, pelletage dans la cour d’autres instances ayant un droit de taxation). Personne n’ose s’attaquer au réel problème : un État tentaculaire qu’on n’a plus les moyens collectifs de se payer.

Le Québec a besoin d’un gouvernement. Les Québécois ont besoin d’un leader politique qui aura le courage de donner l’heure juste avant d’être élu plutôt que de promettre n’importe quoi pour se faire élire, qui présentera un plan clair et réaliste à l’électorat et qui est inspiré d’une véritable vision pour remettre le Québec sur les rails. De toute évidence, Philippe Couillard n’est pas ce leader. Le Québec ne peut plus se contenter de demi-mesures, de simulacres de réformes… L’État québécois est trop gros, trop interventionniste et trop gourmand. De nouvelles solutions doivent être envisagées, car le Québécois moyen étouffe, l’économie québécoise souffre et le Québec sombre. L’État providence agonise et une nouvelle génération d’acteurs politiques prêts à mettre fin à ses souffrances se fait cruellement attendre.

Mais pour qu’une nouvelle vision politique puisse naître, prospérer et prendre sa place au Québec, les Québécois ont aussi un rôle à jouer. Tant qu’ils ne seront pas prêts à faire face à la réalité – à reconnaître que le modèle québécois est cassé et que les acteurs traditionnels que sont le PLQ et le PQ font partie du problème plutôt que de la solution –, les ouarnements qui gouvernent sans vision se succéderont et les Québécois continueront à s’appauvrir – individuellement et collectivement.

Sébastien St-François

Rendez-vous référendaire à Boucherville

NCAB_RAPPORT_140708_Images_35__vue_sur_els_2_bassins_Web__2014117152024Source : boucherville.ca

Le lundi 10 novembre, un total de 902 personnes se sont déplacées à l’hôtel de ville pour signer un registre afin de manifester à l’administration municipale leur opposition à un règlement d’emprunt de 34 M$ pour financer un futur complexe aquatique. En vertu de la loi, il fallait 804 signatures pour bloquer ledit règlement d’emprunt.

C’est la deuxième fois depuis l’entrée en fonctions du maire Jean Martel en 2009 que des citoyens se mobilisent pour bloquer un règlement d’emprunt. En effet, en mars 2012, 1047 citoyens s’étaient mobilisés pour bloquer un règlement d’emprunt beaucoup moins élevé concernant l’aménagement d’une piste cyclable entre Boucherville et Saint-Bruno. Dans ce dossier, on connaît la suite. Plus tôt cette année, le maire est revenu à la charge avec le même projet de piste cyclable – cette fois décidant de faire fi de la démocratie en puisant dans les surplus de la Ville pour financer le projet au comptant et ainsi museler toute opposition possible de la part des citoyens. Ainsi est faite la Loi sur les cités et villes, censée protéger les citoyens des municipalités du Québec… J’avais écrit au ministre de l’époque, Sylvain Gaudreault, mais je n’avais eu droit qu’à un accusé de réception laconique en guise de réponse aux doléances exprimées dans ma lettre.

Dans le cas du complexe aquatique, la Ville ne dispose évidemment pas des liquidités nécessaires pour financer le projet au comptant. Donc, le soir même que le résultat de la signature de registre a été connu, le maire a annoncé que son projet fera l’objet d’un référendum en janvier ou février 2015.

Les citoyens ayant signé le registre ont voulu envoyer un message au conseil municipal, mais il y a lieu d’interpréter ce message correctement. Rares sont les Bouchervillois qui ne reconnaissent pas la vétusté de nos installations aquatiques et personne (à ma connaissance) ayant signé le registre ne s’oppose à la mise à niveau de ces installations qui ont vieilli au fil des ans. Là où ça accroche pour les signataires du registre, c’est au niveau du coût du projet proposé par l’administration municipale : 34 M$, c’est sans précédent, et ça ne tient pas compte des inévitables dépassements de coûts qu’on observe dans la vaste majorité des projets publics entrepris ici comme ailleurs. À Boucherville, pensons à des exemples récents comme le Cercle social Pierre-Boucher et le Centre d’arts. Dans un cas comme dans l’autre, le budget initialement annoncé n’a pas été respecté.

Le maire nous explique que nous devons agir rapidement pour ne pas perdre les quelque 10 M$ en subventions octroyées au projet. Il avance que le projet ne coûtera pas 34 M$, mais 24 M$. Il affirme également ceci, rapporté la semaine dernière par le journal La Seigneurie : « On a réussi à baisser la dette afin de se dégager une marge de manœuvre et être capable de réaliser le projet en limitant l’impact sur les comptes de taxes. »

À mon avis, un tel raisonnement ne tient pas la route pour deux raisons. Premièrement, qu’en est-il des autres priorités actuelles et futures de la municipalité? Pensons notamment aux travaux de réfection (voirie et réseau d’égouts). En 2009, notre déficit à cet égard atteignait quelque 40 kilomètres. Depuis 2009, selon le Palmarès des municipalités des HEC Montréal, la croissance annuelle moyenne des dépenses à ces chapitres a baissé de quelque 30 % dans le cas de Boucherville. Cela m’indique que le déficit se creuse depuis cinq ans. Quand on sait combien coûte la réfection complète (surface + souterrain) d’un kilomètre de voirie, nous en avons pour des dizaines de millions de dollars en dépenses prévisibles au cours des prochaines années – juste pour rattraper le retard accusé depuis le début du millénaire. Sachant cela, avons-nous vraiment les moyens de nous payer le complexe aquatique mis de l’avant par Jean Martel?

Deuxièmement, ce n’est pas parce que nous bénéficierions de subventions totalisant environ 10 M$ que nous avons les moyens de ce projet et que le coût définitif du projet se limitera à 34 M$ (24 M$ après subventions). C’est comme si vous aviez des travaux majeurs à faire effectuer sur votre maison. Votre budget est serré et vous devez également remplacer votre voiture. Vous n’en avez pas les moyens, mais vous vous laissez tenter par l’offre d’un vendeur de voitures de luxe, qui vous propose une réduction du prix de quelques milliers de dollars pour vous convaincre à signer… Est-il pour autant responsable de succomber à la tentation si la décision est mise en contexte?

Sur le plan démocratique, la signature du registre aura l’avantage de permettre la tenue d’un débat éclairé sur la question, et le fardeau de la preuve revient maintenant au conseil municipal. En effet, les membres du conseil municipal doivent nous donner toute l’information nécessaire afin que nous puissions nous prononcer sur leur projet en toute connaissance de cause. Les citoyens ont besoin d’obtenir les réponses à toutes leurs questions afin d’être en mesure de prendre une décision éclairée sur le bien-fondé d’investir autant d’argent dans un seul projet.

Quelques questions me viennent spontanément à l’esprit :

  1. En quoi ce projet (comprenons-nous bien, pas une mise à niveau de la piscine, mais le projet de 34 M$+ actuellement proposé par l’administration) est-il absolument nécessaire pour la population de Boucherville? Pourquoi un projet plus modeste et moins coûteux n’a-t-il pas été envisagé?
  2. En quoi ce projet est-il prioritaire et s’il allait de l’avant, quelle serait l’incidence sur la capacité de la Ville à financer adéquatement d’autres travaux prioritaires sans alourdir indûment le fardeau fiscal des contribuables?
  3. En quoi ce projet serait-il rentable pour Boucherville et sa population? Autrement dit, en avons-nous vraiment les moyens et quelle serait l’incidence (chiffrée) sur nos comptes de taxes futurs? L’information vague fournie par le maire à ce propos ne me satisfait pas.

Ce sera donc un dossier à suivre de près au cours des semaines et des mois à venir, et tout un chacun doit s’assurer d’avoir en main toute l’information pertinente et nécessaire pour prendre la décision la plus judicieuse qui soit en tenant compte de notre capacité de payer collective et des autres priorités de notre municipalité. Deux choix sont possibles : on accepte le grandiose projet qui nous est proposé ou on demande au conseil municipal de refaire ses devoirs et de nous revenir avec un nouveau projet plus modeste et donc d’une facture plus raisonnable.

Sébastien St-François

Même moule cassé, même bon peuple dupé

Photos_Communiques_V2Source : plq.org

On dit que six mois en politique, c’est une éternité. C’est vrai… Le 7 avril 2014 est bien loin dans mon esprit, le gouvernement Marois, encore plus. Mais alors? Le Québec a-t-il réellement progressé au cours des six derniers mois? En campagne électorale le printemps dernier, Philippe Couillard et ses sbires nous promettaient mer et monde. Par exemple, la création de 250 000 emplois sur cinq ans. Or, dans les faits, l’« effet libéral » en matière de création d’emplois se fait toujours attendre. Il s’est perdu 30 100 emplois à temps plein en octobre, ce qui porte le bilan depuis l’arrivée des libéraux au pouvoir à -82 000 emplois. Alors que le taux de chômage a baissé dans le ROC et s’établit maintenant à 6,5 %, il a progressé de 0,1 % et se chiffre dorénavant à 7,7 % au Québec.

Dans son obsession à court terme d’atteindre l’équilibre budgétaire en 2015-2016 (tout indique que ce sont déjà les agences de notation qui dirigent le Québec et que Philippe Couillard n’est qu’une vulgaire marionnette à leur commande…), le gouvernement libéral – ne voulant/pouvant pas hausser directement le fardeau des familles québécoises – s’apprête à confier à d’autres acteurs sociaux l’odieuse mission d’en soutirer encore plus des poches de celles et ceux qui n’en ont plus à donner sans compromettre leur propre équilibre budgétaire – souvent très précaire. Pensons notamment aux 300 M$ en compressions imposées aux municipalités pour 2015 (préparez-vous à une autre hausse de votre compte de taxes municipales) et à la modulation des tarifs de services de garde (alors que l’impôt qui finance le gros de ce système est déjà modulé en fonction du revenu) à compter du 1er avril prochain.

Mais qu’en est-il du long terme? La réduction de la dette provinciale (qui a monté en flèche sous le règne de Jean Charest), le ménage dans les régimes de retraite relevant directement de Québec (déficit accumulé de 77 G$), une refonte en profondeur du système des commissions scolaires pour diriger un maximum d’argent vers les services directs aux élèves (que des engagements vagues de notre bon ministre de l’Éducation, le controversé [pour rester poli] Yves Bolduc)? Rien. Jusqu’à maintenant, le grand ménage promis par Philippe Couillard semble se limiter à la bonne vieille recette que libéraux et péquistes utilisent depuis des lunes : pelleter ailleurs, puis le CONtribuable assumera la facture sous une forme ou une autre. Très décevant, mais prévisible en réélisant un « bon gouvernement libéral »…

De toute évidence, le bon vieux moule que les premiers ministres se lèguent depuis des décennies a trouvé preneur en avril dernier. Les Québécois se sont fait promettre un gouvernement Couillard 1.0 – résolu à remettre de l’ordre dans l’État québécois – et ils ont mordu massivement à l’hameçon, dans leur désir de se débarrasser d’un gouvernement péquiste qui n’allait nulle part. Tout indique que les Québécois ont encore une fois été dupés par un « vieux » parti et ses promesses creuses. En effet, ce qui nous gouverne depuis avril dernier n’est rien d’autre qu’un gouvernement Charest 2.0. Manquant le courage politique nécessaire pour effectuer de réelles coupes dans l’État tentaculaire sans cesse grandissant et envahissant dans la Belle Province, le gouvernement Couillard se contente de répéter la recette du gouvernement Charest des années 2003 à 2012 : on alourdit le fardeau fiscal de la masse en passant par la porte d’en arrière… On confie à d’autres intervenants (municipalités, CPE, sociétés d’État comme Hydro-Québec) l’odieuse tâche d’en puiser encore plus dans nos poches.

Je n’ai pas voté pour le candidat libéral dans ma circonscription aux dernières élections. Je suis néanmoins pris à vivre avec la décision de la majorité jusqu’en 2018. Ainsi va la démocratie. Mais, de toute évidence, le moule est cassé. Que les péquistes ou les libéraux soient aux commandes de la province, le Québec s’appauvrit d’année en année, tout comme les Québécois à force de se faire ponctionner le porte-monnaie par un État qui leur en demande toujours plus sans leur donner une qualité de services à laquelle ils sont en droit de s’attendre pour leur argent.

C’est bien plate à dire, mais le Québec et les Québécois continueront à s’appauvrir tant et aussi longtemps que les vieux partis s’échangeront le pouvoir. Et le PQ et le PLQ nous montrent de quel bois ils se chauffent et des résultats dont ils sont capables depuis des décennies. Peu importe qui est à la tête de ces partis aux idéologies d’une époque révolue, le résultat est le même : la province continue à sombrer dans la dèche et les réels problèmes ne se règlent pas. Au contraire, ils s’empirent, car on continue de les pelleter dans la cour des générations qui nous suivront : finances publiques, santé, éducation, justice… Pendant combien de temps encore pouvons-nous réellement confier le pouvoir à des acteurs politiques qui s’entêtent à faire usage d’un moule qui est caduque? Pis encore, d’élection en élection, une majorité suffisante continue à fonder tous ses espoirs dans l’un ou l’autre de ces vieux partis.

Les prochaines élections n’auront pas lieu avant 2018. En ayant recours une fois de plus à la duperie, le PLQ s’est confortablement installé au pouvoir pour un mandat de quatre ans et demi. Ce mandat est très mal parti si les Québécois pensaient avoir élu un parti qui ferait enfin le grand ménage nécessaire pour tenter d’éviter « le mur » ou – du moins – le heurter moins violemment. Tout indique que nous aurons plutôt droit à une facture fiscale encore plus lourde et que les vrais problèmes demeureront entiers à la fin du mandat en cours.

Les libéraux nous démontrent encore une fois que, tant que nous nous contenterons du vieux moule que les gouvernements qui se succèdent utilisent depuis maintenant trop longtemps, la recette sera la même : le Québécois moyen paiera de plus en plus cher pour les services publics, le Québec demeurera lourdement endetté et pauvre, et les générations qui nous succéderont – nos enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants – ne l’auront pas facile, hypothéquées leur vie durant en raison des choix et du manque de courage politique des deux partis qui s’échangent le pouvoir depuis la Révolution tranquille.

En 2018, ça nous prend un nouveau moule, de nouveaux acteurs politiques et une nouvelle vision de ce qu’est l’État si nous voulons avoir une chance de sauver ce qui reste du Québec. Surtout, il faudra qu’une majorité d’électeurs se rendent compte que le vieux moule usé ne fonctionne plus et que les vieux partis ont échoué à rompre avec la tradition ayant mené à la situation actuelle…

Sébastien St-François

Boucherville a perdu le sens des priorités

annonce_budget_groupe_17dec2014_media_WEB_20131218909Source : boucherville.ca

Je suis de ceux qui signeront le registre à l’hôtel de ville le lundi 10 novembre pour m’opposer au règlement d’emprunt de 34 M$ pour financer le projet de complexe aquatique du maire Jean Martel.

Pourtant, je suis favorable à l’aménagement d’une nouvelle piscine, car notre piscine municipale est une véritable honte. Chaque fois que j’accompagne mon fils à ses cours de natation hebdomadaires, je n’en reviens pas combien cette installation est rendue vétuste, non hygiénique et j’en passe…

Par contre, un moment donné, il faut avoir le sens des priorités. Selon le Palmarès des municipalités dressé par HEC Montréal, Boucherville se classe au 652e rang sur 766 municipalités à l’échelle provinciale (au 22e rang sur 24 pour ce qui est des municipalités de 25 000 à 49 999 habitants). Le panier de services y coûte 42,9 % plus cher que dans les municipalités de même taille. Entre 2009 et 2012 (premier mandat de Jean Martel), la croissance annuelle moyenne des coûts de voirie par kilomètre et des coûts du réseau d’égout par kilomètre de conduite a baissé de 30,3 % et de 27,36 % respectivement. Cela m’indique que nous accusons de plus en plus de retard dans la réfection de nos infrastructures routières et souterraines – pourtant une priorité absolue quelle que soit la municipalité.

Quant au projet de complexe aquatique du maire, il y a déjà eu dépassement des coûts d’architecture de l’ordre de 25 %. Dans le passé, plusieurs des projets chers à notre maire ont coûté plus cher qu’annoncé : pensons au Cercle social Pierre-Boucher et au Centre d’arts (projet non encore terminé en raison de moult problèmes). Je suis donc peu confiant que l’enveloppe de 34 M$ pour le complexe aquatique soit respectée à terme.

Boucherville compte 42 000 âmes et environ 15 000 contribuables. À mon avis, un projet de 34 M$ – même en tenant compte de subventions de l’ordre de 10 M$ selon l’administration municipale – dépasse la capacité de payer de notre population si nous tenons compte de toutes les autres priorités qui sont actuellement négligées pour des raisons politiques. Oui, ça nous prend de nouvelles installations aquatiques, mais le projet du maire est trop ambitieux pour nos moyens. Le déficit d’entretien de nos infrastructures s’alourdit (tôt ou tard, ça va finir par nous « péter dans la face ») et Québec vient d’imposer des compressions de l’ordre de 300 M$ pour 2015. Il y aura nécessairement un manque à gagner…

Malgré les paroles réconfortantes de notre maire et de son responsable des finances (Dominic Lévesque), ça ne va pas si bien que cela à Boucherville si on se fie au palmarès de HEC Montréal. Je vais donc m’opposer au règlement d’emprunt pour le complexe aquatique et demander au conseil municipal de refaire ses devoirs.

La gestion des deniers publics est responsable et rigoureuse à Boucherville? Permettez-moi d’entretenir mes doutes…

Sébastien St-François

Couper, ce n’est pas pelleter dans la cour des autres

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La commission Robillard est au travail et commence à formuler des recommandations. On pouvait lire dans La Presse du mercredi 29 octobre qu’elle aurait ciblé 2 milliards de dollars de coupes, notamment en programmes agricoles, en transferts aux municipalités, en aide aux entreprises et en services sociaux.

On voit déjà poindre le scénario à l’horizon : Québec, dans sa quête d’équilibre budgétaire pour présenter un beau bilan à la population et se féliciter d’un travail bien fait, modifie le Pacte fiscal avec les municipalités et impose de lourdes réductions à ces dernières. Soudainement, les municipalités sont confrontées à un manque à gagner alors qu’en vertu de la loi, elles ont l’obligation de déposer un budget équilibré chaque année. Qui pensez-vous fera les frais de ces manques à gagner? Plusieurs des mêmes contribuables dont Québec prétend défendre les intérêts en voulant imposer ses mesures d’austérité.

C’est un scénario vieux comme la politique elle-même. Dans les années 1990, Paul Martin a équilibré les finances fédérales entre autres en sabrant dans les transferts aux provinces. Plus récemment, le gouvernement Marois a eu recours à la même tactique, en éliminant le programme de péréquation dont bénéficiaient les commissions scolaires (programme mis en place par les libéraux de Jean Charest). Résultat : il y a eu hausse marquée des comptes de taxes scolaires en 2013-2014 sans que les impôts provinciaux baissent pour autant. Et les remboursements « promis » dans la foulée de ces hausses se font toujours attendre. Au contraire, plus d’un propriétaire a vu son compte augmenter à nouveau en 2014-2015.

Peu importe la mesure, c’est toujours au même contribuable – celui même qu’on dit vouloir soulager – qu’on refile la facture au bout du compte.

En sabrant dans les transferts aux municipalités, le gouvernement Couillard n’atteindrait aucunement le but qu’il s’est prétendument donné, soit de réduire les dépenses de l’État sans alourdir le fardeau des contribuables. Les municipalités, dont plusieurs peinent déjà à rendre des services adéquats à leurs citoyens et dont les budgets prévoient déjà des hausses d’impôts fonciers année après année, refileraient naturellement la facture des mesures imposées par Québec à leurs contribuables résidentiels, commerciaux et industriels.

Au salaire qu’est payée Lucienne Robillard (265 000 $) et au prix que nous coûte cette commission de révision des programmes (3,8 M$), le contribuable est en droit de s’attendre à mieux qu’un simple transfert de fardeau fiscal d’un niveau de gouvernement à un autre. Qu’il s’agisse de gouvernement provincial, de gouvernement municipal ou de « gouvernement scolaire », les mesures devraient permettre au contribuable – plus souvent qu’autrement étouffé par un fardeau qui ne cesse de s’alourdir sous la forme de droits, de frais et de taxes de toutes sortes – de respirer un peu mieux. Il faut cesser de décourager le travail au Québec; or, à force d’en taxer le fruit, c’est exactement ce qu’on fait. Too much tax kills tax. Ce n’est pas pour rien que Montréal se classe au dernier rang des villes canadiennes favorables à l’entreprenariat, selon la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI).

Mme Robillard et les membres de la Commission de révision des programmes doivent refaire leurs devoirs et suggérer de vraies coupures qui se solderont par de réelles économies pour celles et ceux qui financent un État tentaculaire qui ne cesse de leur dérober une plus grande part de leur revenu disponible. L’exercice sera ardu, alors que les employés de l’État revendiquent 13,5 % d’augmentation sur trois ans, revendication que le président du Conseil du Trésor, Martin Coiteux, a vite qualifié de venant « d’une époque où effectivement on s’endettait pour payer les dépenses d’épicerie ».

Sébastien St-François

« Dérangez-moi pas! »

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La table est mise… Dans la foulée des congédiements et des suspensions prétendument injustifiés – dont celle de nul autre que Ronald Martin, le chef syndical des pompiers de Montréal – après le saccage de l’hôtel de ville de Montréal le 18 août dernier et devant l’intransigeance du gouvernement de Philippe Couillard, le porte-parole de la Coalition pour la libre négociation syndicale, Marc Ranger, nous promet maintenant un « grand dérangement ».

D’affirmer M. Ranger : « On va s’assurer qu’il y ait [sic!] de la discipline dans nos actions, mais on appelle ça un grand dérangement. Oui, ça va déranger. On ne fait pas d’omelette sans casser des œufs. » Je dirais ceci à M. Ranger : Vous marchez sur des œufs, cher monsieur… Déjà le public payeur n’est pas très sympathique à la cause des syndiqués municipaux. Bien des femmes et des hommes se lèvent chaque matin pour se rendre travailler sans bénéficier des conditions de travail dorées et blindées des employés municipaux. Ces femmes et ces hommes subissent les soubresauts des marchés financiers et observent avec impuissance le pécule qu’ils tentent de se constituer en vue de leur retraite encaisser des pertes plus ou moins lourdes. Ces investisseurs ont dû attendre des années avant que leur portefeuille ne se rétablisse des pertes subies lors du krach de 2008. On venait à peine de sortir du rouge et de commencer à connaître des rendements plus favorables que le cycle boursier nous replonge dans la voie de la croissance négative.

En effet, les marchés boursiers sont malmenés depuis des semaines, notamment en raison de l’anxiété à l’égard de l’économie mondiale. Tant à New York qu’à Toronto et ailleurs sur la planète, les indices ont reculé au cours des dernières semaines. Les marchés sont très volatils. J’ai moi-même communiqué avec mes gestionnaires de placements au cours des derniers jours pour connaître l’état de mon propre portefeuille. On m’indique que « nous ne sommes pas négatifs par rapport à janvier 2014 ». C’est bien beau, mais mon objectif en me constituant mon propre fonds de retraite (statut de travailleur autonome oblige) est de voir l’argent que j’y place « faire des petits ». Faire du surplace ou reculer, ce n’est pas très rassurant pour l’avenir. Mais ainsi vont les marchés boursiers…

Nous avons ensuite les employés municipaux – à qui tout serait dû – qui refusent obstinément d’être soumis aux mêmes règles. Ils tiennent mordicus à leurs avantages indécents que nous n’avons plus les moyens collectifs de leur payer. Devant leur impuissance à faire plier le gouvernement jusqu’à maintenant, ils menacent donc de « déranger » celles et ceux qui financent – contre leur gré – les conditions dorées dont ils jouissent depuis des années. Pas sûr que ce soit une stratégie gagnante… M. Ranger, j’ai un message clair à vous transmettre : « Dérangez-moi pas! » Je suis trop occupé à travailler et à payer toutes sortes de taxes et d’impôts pour financer entre autres vos jobs et vos régimes de retraite. Je n’ai ni le temps ni l’envie de me faire entraver par votre « grand dérangement ». Vos œufs, cassez-les entre vous et foutez la paix à la population et – surtout – aux contribuables qui vous ont été très généreux pendant très longtemps! Vous n’avez aucun droit de nous prendre en otage!

Pendant ce temps, à l’Assemblée nationale…

C’est le silence radio. Rien sur les mesures que le gouvernement compte prendre pour assainir d’autres régimes de retraite qui relèvent directement de Québec et qui sont drôlement plus déficitaires que ceux des municipalités visés par le projet de loi 3 : la Sûreté du Québec, les juges (Cour du Québec et cours municipales) et les membres de l’Assemblée nationale eux-mêmes. Au total, les régimes de retraite administrés par Québec sont déficitaires de quelque 77 milliards de dollars (l’équivalent du tiers de la dette québécoise).

Le 2 octobre dernier, en réponse à une question de Benoit Dutrizac du 985FM, le ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau, a lancé la balle dans le camp de Jacques Chagnon. Jacques Chagnon, président de l’Assemblée nationale et député de Westmount, qui y sera réélu jusqu’à sa mort ou jusqu’à ce qu’il tire sa révérence de la vie politique, ne bouge pas d’un iota et refuse même de s’expliquer publiquement. Un grand démocrate, quoi!

On peut bien ne pas être sympathique à la cause de Marc Ranger et de sa bande, mais on peut certainement comprendre leur frustration quand nul autre que le président de l’Assemblée nationale se cache derrière le Bureau de l’Assemblée nationale, qui siège à huis clos, et refuse jusqu’à maintenant de donner l’exemple en assainissant ses propres régimes de retraite déficitaires de près de 200 millions de dollars pour 532 cotisants. Comme dirait l’autre, c’est pas fort!

Sébastien St-François

PKP : Et si ce n’était qu’une ruse?

PKP
C’est un secret de polichinelle : Pierre Karl Péladeau sera de la course à la chefferie du PQ pour succéder à Pauline Marois – si course il y a. En fait, selon un récent sondage, à 53 %, il devancerait de loin d’autres prétendants au poste comme Bernard Drainville, Martine Ouellet, Alexandre Cloutier et Jean-François Lisée, dont les appuis varieraient entre 2 % et 7 % tout au plus.

Au cours des derniers jours, M. Péladeau a multiplié ses sorties dans les médias pour se positionner. Notamment, il se dit contre les mesures d’austérité du gouvernement Couillard et pour le maintien des programmes sociaux et se porte à la défense des plus vulnérables de la société. Il a beau se justifier en affirmant qu’il tient un discours en phase avec les valeurs que partagent les Québécois, ce virage à gauche est certes surprenant venant du « roi des lock-out » du Québec ayant jeté plus d’un travailleur québécois à la rue pendant son règne à la tête de l’empire Quebecor.

Il faut d’ailleurs se demander dans quelle mesure son discours est vraiment en phase avec la réalité du Québec. Lors de l’annonce de sa candidature au poste de député de Saint-Jérôme en avril dernier, son poing levé et sa déclaration farouchement souverainiste ont marqué le début de la descente aux enfers pour Mme Marois et sonné le glas de la carrière politique de cette dernière. Une nette majorité de Québécois n’en veulent pas d’un troisième référendum, du moins pas à ce moment-ci de leur histoire. Leurs priorités sont ailleurs. C’est d’ailleurs un constat dont ont pris acte certains prétendants plus modérés dans les rangs péquistes comme MM. Drainville et Lisée.

Pour ce qui est de l’austérité – ou de la réduction des dépenses publiques –, M. Péladeau vit sur une autre planète qu’il croit que nous puissions maintenir le cap… Juste pour atteindre l’équilibre budgétaire l’an prochain, l’État doit réduire ses dépenses de l’ordre de 3,2 G$. Juste pour l’an prochain… La ceinture devra également être serrée au cours des exercices à venir. La croissance économique et la croissance des emplois ne sont pas au rendez-vous. La semaine dernière, le ministre des Finances, Carlos Leitao, a avoué que le Québec ratera sa cible en matière de création d’emplois pour 2014. Au net, il s’est perdu 21 000 emplois au Québec depuis le début de l’année, et la chute est marquée depuis le mois d’avril (l’arrivée au pouvoir des libéraux de Couillard).

Oui, le gouvernement libéral de Philippe Couillard fait preuve d’une grande maladresse depuis plusieurs semaines : ballons lancés tous azimuts dans les médias presque quotidiennement et acteurs plus ou moins crédibles pour défendre les compressions envisagées (Yves Bolduc en tête)… On peut même se demander si ce ne sont pas déjà les agences de notation et les créanciers qui tirent sur les ficelles en coulisses tellement le gouvernement semble faire preuve d’amateurisme dans sa grande précipitation pour réduire les dépenses étant donné que les revenus de l’État n’augmentent tout simplement pas pour différentes raisons.

Il faudrait donc que M. Péladeau nous explique comment il ferait concrètement pour rétablir la santé financière du Québec sans sabrer dans les généreux programmes sociaux qui lui sont si chers, mais que nous ne parvenons plus à financer sans nous enfoncer de plus en plus dans l’endettement et, ce faisant, sans hypothéquer davantage les futures générations de Québécois. Il accuse le gouvernement libéral de manquer de vision (je concède), mais il sera intéressant de connaître sa recette miracle pour sortir le Québec de son profond marasme si/une fois qu’il sera installé dans le fauteuil de chef de sa formation politique.

Ce texte a été rédigé avant que ne soient annoncées les règles du jeu de la prochaine course à la chefferie du Parti Québécois. Cependant, si on se fie à l’histoire de ce parti, tout indique que PKP en deviendra le prochain chef, car le PQ s’est toujours donné le chef qui partait en avance selon un article paru dans La Presse samedi dernier. Course ou couronnement? Voilà la question qui demeure, et j’imagine que nous connaîtrons la réponse sous peu.

PKP ne s’est pas lancé en politique pour être député. Il vise rien de moins que le poste de premier ministre. Pour ce faire, il doit d’abord se faire élire (ou couronner) chef du Parti Québécois. De ce que je connais du PQ, ses militants n’éliraient pas le « roi des lock-out ». Il est donc légitime de se demander si le soudain virage à gauche de M. Péladeau ne soit rien d’autre qu’une ruse pour amadouer la faction gauchiste du parti et accéder aisément au poste qu’il convoite. Si Pierre Karl Péladeau succède à Pauline Marois, il devra ensuite élaborer un programme à présenter aux électeurs en vue des élections de 2018. Là aussi, je le vois difficilement proposer un programme de droite comme celui du Parti conservateur du Québec s’il espère gagner la faveur – et le vote – des péquistes.

Pour terminer, je ne suis vraiment pas un partisan de Jean-François Lisée, mais il a raison sur un point. Si Pierre Karl Péladeau veut devenir chef du PQ et convoiter la fonction de premier ministre du Québec, il doit se départir de ses actions dans Quebecor, ce qu’il refuse de faire. Même lorsqu’on est multimilliardaire, on doit parfois faire des choix et on ne peut tout avoir. M. Péladeau devra choisir entre son ambition politique et le « legs de son père ». Et on peut se demander, s’il réussit à se faire élire premier ministre en 2018, s’il gérera le Québec comme il a géré son empire médiatique…

Sébastien St-François